On redécouvre avec plaisir le site de Solidays, sous un temps qui aurait pu être largement pire. Bénéficiant d'une organisation préparée et toujours aussi accueillante, le festival propose comme chaque année un village associatif pour sensibiliser les festivaliers à la raison première de l'évènement. D'attractions en stand de découvertes, les pléthores d'activités nous permettent de patienter entre les différents concerts.
En parlant de concerts, on a eu de bons moments, d'autres moins bons, et d'autres excellents. C'est le principe premier d'un festival. Etant impossible de tout voir, et ne disposant pas du donc d'ubiquité, il nous a fallu faire quelques choix drastiques. Du vendredi, on retiendra les performances remarquées du groupe de rock anglais d'Editors, de l'énergie rageuse de Joey Starr, mais surtout de la performance décevante de la très attendue Lauryn Hill. Tête d'affiche principale de ce festival de Solidays, la diva soul ne chante plus, elle rappe. A notre plus grand désarroi. On aura certes droit à quelques moments magiques comme lorsqu'elle daigne « chanter » sur « Killing Me Softly ». En dehors de cela, une scène surfaite, des compositions et une interprétation agressive ont fait de Lauryn Hill la plus grosse déception de Solidays.
Heureusement, le samedi fût une journée remplie. La grande scène de Paris est assaillie par les fans de Superbus, où la prestation de Jennifer et de son groupe a transcendé la fosse transformée en « stage de survie dans un pogo » pour certains. Puis il a fallu faire un choix... la reformation des fougueux de FFF ou la pop acidulée et jouissive de Lily Allen ? On se laissera finalement tenter par l'Anglaise. Ivre, décadente, heureuse d'être là, Lily Allen se fait enfin plaisir sur scène et par là même, à ceux qui dansaient inlassablement sur ses chansons estivales, libertaires et follement pop. Mais rendons à César ce qui appartient à César, le concert du jour revient aux New-Yorkais de !!! (à prononcer Chk Chk Chk) qui ont livré un concert enthousiasmant comme à l'accoutumée. Punk, funk, électro, rock, les !!! ont rendu extatiques la foule venue s'amasser sous le chapiteau en cette fin de soirée. La journée se termine sur le set très rythmé de la DJ parisienne, DJ Missil.
Dernier jour, et malheureusement, le beau temps n'aura pas duré et la pluie s'abat sur l'Hippodrome de Longchamp, ce qui est pourtant loin de décourager les festivaliers. Sous un temps maussade et froid, Ayo en profite pour nous réchauffer avec sa musique chaude, douce et touchante. Les Magic Numbers nous ravissent d'un set pop-rock très sympathique et guilleret. On finit enfin par le formidable set d'Abd Al Malik, pas vraiment slammeur, pas vraiment rappeur, pas vraiment chanson française. Abd Al Malik, c'est un peu tout à la fois, inspiré aussi bien par Brel et Gainsbourg que par le situationnisme du rap français où il a débuté. Vibrant et sincère, le Strasbourgeois est un excellent storyteller, nous racontant ses histoires sans en faire toute une histoire, mouvant sur des rythmes de jazz lancinants. Un grand moment.
Et c'est ainsi que l'on finit sur une excellente note. Pour remplir la dernière ligne d'un festival toujours aussi accueillant et sympathique. En gardant dans un coin de la tête ce pourquoi nous étions tous là quelque part.
Par
Kristoffe Biglete
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En savoir plus :
solidays
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dernière mise à jour : 11 juillet 2007
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