Révélée par A thousand miles, extrait de son premier album disque de platine, Vanessa Carlton ne devrait pas s'en faire pour sa célébrité. Les fées des arts semblent s'être penchées sur sa destinée. Le 16 août 1980, la petite vient au monde avec les gènes maternels. Deux ans plus tard, elle est derrière les touches, et dans la lignée de sa mère pianiste. De retour d'une visite à Disneyland, l'enfant reproduit l'entêtant « It's a small world » et impressionne sa maman. Précoce, Vanessa est bien partie pour sortir de la masse anonyme et se faire un nom.
A Milford, la chanteuse de « Be Not Nobody » grandit entre son père Ed, les partitions d'Heidi ou Mozart et Eric Satie. Son enfance n'est pas comme les autres. Elle est faite essentiellement de dessins et de courses, de musique et d'art. A huit ans, elle compose ses premières chansons, version instrumentale. A neuf, le classique la mène à l'obsession des ballets. A treize ans, la fanatique de danse part à New York étudier avec les plus grands chausseurs de pointes, comme la ballerine Gelsey Kirkland, et les meilleurs professeurs, notamment Nenette Charisse qui déclarait pouvoir apprendre la danse à n'importe qui. A 14 ans, l'adolescente ne lâche pas ses collants et étudie la grâce des pas et des entrechats dans une école spécialisée de New York. Pour exercer sa passion qui la conduira peut-être à devenir une étoile, Vanessa doit faire des sacrifices, quitter sa famille et démarrer une nouvelle vie.
Dans ce monde artistique, elle apprend la rigueur, mais subit aussi la pression et la compétition. Celle qui a toujours eu confiance en sa souplesse et son talent se retrouve perdue et frustrée. Proche du but, son souhait s'amenuise. A dix-sept ans, le sentiment de solitude la pousse à composer à nouveau des morceaux. Le piano la réconforte et lui donne des envies d'école buissonnière. Plutôt que de suivre ses cours, elle aimerait sécher ou remonter les escaliers pour caresser des doigts les blanches et les noires, et d'autres rêves. Inspirée, les mélodies et les paroles jaillissent d'elle. Les chansons se remplissent de mots et attendent une voix. Vanessa aime chanter, mais ne se sent pas chanteuse. Pourtant, dès qu'elle fredonne ses textes en s'accompagnant au piano, elle sait qu'elle a trouvé sa voie.
En 2002, Vanessa Carlton, qui a signé chez Interscope, sort son premier album. Avec « A thousand miles », son premier single, la chanteuse qui rêvait d'étoile charme un large public et fait figure de graine de star. « Be Not Nobody », son premier opus qui contient une reprise de « Paint it black » des Rolling Stones, récolte un disque de platine. Deux ans après, elle sort son second album, « Harmonium », produit par Stephan Jenkins, son petit ami et le chanteur du groupe Third Eye Blind. Le titre de son deuxième opus réfère à l'instrument entre flûte et piano, mais aussi à l'harmonie. Vanessa la trouve d'ailleurs en renouant avec la danse pour le clip de « White Houses ».