100494107 Écoutez l'extrait !
Aloida - Tri Yann
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Ce titre est extrait de l'album : Et L'orchestre National Des Pays De La Loire
Année de sortie : 1998
| Label : Sony BMG Music
C'était à Vannes, l'an passé au mois de mai
Aloïda de l'IUT revenait,
Petite Maure, cheveux de jais sur le dos,
Jeans et T shirt, sur le pont de Kerino.
S'en viennent à moto ses trois frères,
Et leurs yeux sont comme couteaux,
Ils l'encerclent, elle a peur aussitôt.
- Hier on t'a vue main dans main d'un étudiant,
C'est déshonneur pour une maure de vingt ans,
Grand déshonneur pour tes frères et tes parents,
- C'est, leur dit-elle, liberté d'aimer pourtant.
Des trois frères l'ainé, aussitôt,
Lui attache les mains dans le dos
Et la jette derrière sa moto.
- Frères ! Mes frères ! Vous me brisez les os.
- Maudite sur ! nous en finirons bientôt.
- Frères ! Mes frères ! vous déchirez ma peau.
- Maudite sur ! tu gagnes ce que tu vaux.
Dans un entrepôt, ils la traînent,
Et la saignent de leur couteaux,
Et l'enterrent au fond du dépôt.
Tombe sur vanne grêle de caillots de sang.
Aloïda, ton ami vient en courant,
Chercher refuge par hasard dans l'entrepôt,
Voit dans l'entrée tes chaussures et ton manteau.
- Gendarmes qui dormez, accourez !
Morte mon amie est enterrée,
Et de la terre dépassent ses pieds.
Sitôt s'en viennent capitaine et brigadiers
Dans l'entrepôt, pour la Maure déterrer.
Mais là d'entendre sous la terre ses sanglots :
Aloïda sortie s'éveille sitôt.
Entre ses seins bis, reposant,
Elle avait son petit enfant,
Lui souriant, souriant à la vie.
Le jour suivant, sur la route de Lorient,
On retrouva les frères tous trois gisants,
Le plus âgé au fond d'un étang noyé
Et le plus jeune sous sa moto écrasé,
Le troisième brulé, foudroyé,
Et ses cendres égarées dans le vent,
Tous trois gisants, tout près de Landévant.
C'était à Vannes le jour de la St Brendan,
Aloïda, jeune Maure de vingt ans ;
Le lendemain, sur la route de Lorient,
On retrouva ses frères tous trois gisants.
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