A trop recycler les références du passé, les groupes de rock actuels finissent généralement par lasser : on écoute The Organs, et on se dit qu'on a déjà tous les Smith à la maison, alors pas besoin de dépenser inutilement son argent ; on jette une oreille sur Bloc Party et on pense tellement à Robert Smith que le charme de la nouveauté disparaît en un clin d'il...Des White Stripes aux Strokes en passant par les Black Rebel Motorcycle Club, c'est souvent la même histoire, la même rengaine, les même riffs qui reviennent.... Si la plupart du temps, on se laisse envoûter par les charmes de ce passé rock et glorieux, cette omniprésence du vintage tend quelque peu à nous angoisser
N'y aura-t-il jamais rien de nouveau à entendre sur la planète rock ?
Et voilà que débarquent les Raveonettes, un duo danois que l'on prend au premier abord pour un énième clone en « The » sous influences sixties, mais qui progressivement, nous convainc que l'on peut vraiment faire du neuf avec du vieux : il suffit juste d'y apporter un vent de fraîcheur, un grain de folie et une bonne dose de spontanéité.
C'est à Copenhague que Sharin Foo et Sune Rose Wagner fondent les Raveonettes. Fan de Jesus And Mary Chain, Sune Rose Wagner rêve de devenir à son tour un artiste reconnu, et quitte le Danemark pour les States à la fin des 90's afin de concrétiser ses projets. Mais pour finir, le musicien rentre au bercail et écume les bars avec sa complice Sharin Foo, mordue quant à elle des Velvet Underground (d'ailleurs, sa blondeur et sa coupe ne sont pas sans rappeler une certaine Nico
).
Puis les Raveonettes rentrent studio pour composer un premier album, avec comme consigne de ne faire que des chansons en si mineur, ne contenant que 3 accords maxi, et d'une durée ne devant jamais dépasser les 3 minutes chrono....Tout un programme... « Whip it on » sort en 2002 et obtient un franc succès auprès de la critique mais aussi du public branché. Un an après, le duo publie un second opus, « Chain Gang of Love » et « Pretty in Black », la troisième galette, paraît en 2005. Sur ce nouvel album, les Raveonettes ont convié des invités de marques, de Martin Rev (Suicide) à Ronnie Spector en passant par Moe Tucker (Velvet Underground).
Efficaces, accrocheurs et intenses, les morceaux pêchus et enflammés des Raveonettes séduisent version studio comme sur scène à coup de guitares énergiques et saturées, d'arrangements 60's qui font aussi bien penser à Jesus And Mary Chain que Phil Spector, sans jamais tomber dans le mimétisme réducteur.
La critique est bien facile. Ce qu'il faut y voir c'est une nouvelle vague d'artistes créatifs qui vient des pays nordiques et qui nous font largement oublier les mièvreries des années 90... certes en y intégrant ce que les 80's faisaient de bon. Le plus grave moi je pense, c'est de devoir passer des années musicales désertiques pour se rendre compte que finalement la musique est toujours mieux avant et qu'on n'a du mal à se satisfaire de ce qu'on a... dans 20 ans les artistes en "the" te plairont et te serviront de repère dans tes critiques de journaliste en herbe.
PS : THE Smith et non Smith.