The Lemonheads fait partie intégrante du rock des années 80. A ceci près, qu'il connaît des débuts difficiles qui ne le feront rentrer dans la cour des grands du rock qu'à partir des années 90. Formé, déformé, reformé, la grand atout de la bande et surtout de son leader Evan Dando, c'est qu'il retombe toujours sur ses pattes
Alors qu'ils ne sont encore qu'au lycée, Evan Dando, Jesse Peretz et Ben Deily forment les Lemonheads. Nous sommes alors en 1984 à Boston (USA). Pays où le rock devient une mode, et surtout une attitude, il est facile pour la bande d'enregistrer son premier EP, « Laughing All the Way to the Cleaners », composé de quatre titres, qui peuvent être qualifiés de bruyants. Même si le groupe arrive à s'autofinancer (les parents de Evan ont plutôt les moyens), il signe avec Taang ! un petit label de Boston.
Les premiers albums voient alors le jour. On compte parmi eux, « Hate Your Friends » (1987), « Creator » (1988) et « Lick » (1989), trois opus à tendance hardcore, qui marque l'influence d'Hüster Dü et des Replacements sur le groupe. Loin de se limiter à un seul et même groupe, Evan Dando joue parallèlement de la basse chez les Blake Babies, aux côtés de son amie Juliana Hatfield.
Passé dans la cour des grands, The Lemonheads signe chez Atlantic. Sa reprise du titre de
Suzanne Vega, « Luka » déferle sur les radios des campus américains. Avec ce succès grandissant, les caractères s'affirment, et le leadership du groupe devient un vrai sujet de dispute. Ce qui mènera au départ de Ben Deily en 1989. La formation vole en éclat un an plus tard. Malgré tout, Evan Dando ne lâche pas prise et sort l'EP « Favorite Spanish Dishes ».
Après des mois d'exil en Australie, il recrute David Ryan et Juliana Hatfield. The Lemonheads renaît de ses cendres et revient plus en forme que jamais avec l'album « It's A Shame About Ray » (1992). Les épreuves vécues par le seul rescapé du groupe originel donnent à ses mélodies et à ses paroles une nouvelle dimension. Au départ de Juliana Hatfield, Nic Dalton rejoint la troupe.
Le succès réapparaît avec la reprise du titre « Mrs. Robinson » de
Simon et Garfunkel. Les médias se jettent alors sur Evan Dando et son physique de sportif. Ils viennent même à le comparer avec
Kurt Cobain.
Courtney Love, la compagne de ce dernier, dira même avoir eu des pensées mal placées sur Evan Dando. Dépassé par sa nouvelle notoriété d'idole, le chanteur avoue se droguer, ce qui l'amène parfois à perdre sa voix durant des semaines. Il s'offre même une nouvelle image en arrivant à ses concerts vêtus d'une robe de femme.
Alors que le départ de Nic Dalton menace la carrière du groupe et de Evan Dando, celui-ci renaît une nouvelle fois en sortant « If I Could Talk I'd tell You » et « Green Leaves », décrites comme deux de ses meilleures compositions. Jusqu'en 2005, il continuera sa carrière en solo, avant de revenir accompagné de Bill Stevenson, Chris Brokaw et George Berz, sous le nom de
The Lemonheads. Après plusieurs concerts, le groupe sort en 2006, un album éponyme.