En ce qui concerne les groupes mods british des années 60 comme les
Who, les Kinks, les
Yardbirds ou encore les
Small Faces, ils ont un point commun : une grande admiration pour le rock’n roll venu des States (et plus précisément pour Chuck Berry et
Little Richard), une fascination pour le blues dans son ensemble et une « dérive psychédélique » vers la fin de leur carrière (chose également valable pour les Beatles). Prends les Kinks justement. Leur premier titre qu’enregistrent les frères Davies (guitare et voix), Mick Avory (batterie) et Peter Quaife (basse) est une reprise du célèbre morceau de Little Richard « Long Tall Sally ». Malheureusement, et malgré les efforts de Robert Wace leur manager, le titre fait un flop. Il faudra attendre le fameux et incontournable et génialissime et mortel et excellent et fabuleux morceau « You Really Got Me » pour qu’ils plafonnent dans les charts. Après ce morceau, beaucoup de critiques ont glosé dessus et certains y ont vu l’ancêtre du hardrock, peut-être parce Van Halen par exemple en a fait une reprise. Mais en fait non : c’est du son british garage mods et nous sommes en août 1964 ! La même année ils sortent donc leur album éponyme chez Castle Records. Tu y trouveras une reprise de « Beautiful Delilah » de Chuck Berry et de « Louie, Louie » de Richard Berry (non pas l’acteur !) que tous les british band reprendront en long en large et en travers, qu’
Iggy Pop fera sienne le temps d’un morceau et que Toots déclinera en reggae (et pour cause, ça parle d’un pêcheur jamaïcain qui regagne son île). En y réfléchissant bien, ça doit être le morceau le plus pompé de l’univers !
Louie, Louie, me gotta go Louie, Louie, me gotta go. Fine little girl, she wait for me. Me catch the ship for across the sea. Me sail the ship all alone. Me never thinks me make it home. En 1965, les Kinks pondent coup sur coup deux albums, Kinda Kinks et The Kinks Kontroversy mais il faudra attendre le disque Face to Face en 66 pour entendre enfin du Kinks décomplexé. D’après Davies lui-même, cet album représente le début de l’âge d’or de son groupe. Il faut dire que les titres sont bons : « Dandy », « Sunny Afternoon », « I’m Not Like Everybody Else » (que reprendront récemment nos Hushpuppies nationaux), « Dead End Street », enfin bref, que du bon. Et puis, petit à petit, le groupe lorgne vers le psychédélisme venu de Los-Angeles et de San Francisco (ironie du sort, ce mouvement à éclos avec l’arrivée des premiers musiciens anglais sur les côtes américaines). En 1969 et après l’album à rallonge The Kinks Are The Village Green Preservation Society (disque concept autour de la thématique de Hamlet) le bassiste se fait la malle, un peu résigné par l’égo-trip de Davies. Peter Quaife laisse donc la place à John Dalton et pendant ce temps les Who sortent « the » album-concept Tommy. Après, comme on dit, « les bonnes choses n’ont qu’un temps » : à part-être l’amusante chanson « Lola », les Kinks se sont essayé à l’opera-rock mais sans trop de succès. Davies a eu un bébé avec l’ancienne chanteuse et guitariste des Pretenders, Chrissie Hynde (en 1983) et en 2004 il s’est fait tiré dessus par des voleurs dans les rues du quartier français de la Nouvelle Orléans. Il s’en est sorti avec une balle dans la jambe avant d’être décoré de la médaille de Commander of the British Empire par la reine Elisabeth !
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