Ils partagent avec les
Whites Stripes une même formation : un simple duo, comprenant une batterie et une voix. Avec
Dead Can Dance, les
Cure ou
Depeche Mode, ils ont des références communes : l'univers dit « gothique », sombre et sophistiqué. Ils s'inscrivent dans la vieille tradition de la pop cabaret, qui va des
Kinks à
Nick Cave, en passant par
Bowie ou
Tom Waits
Mais au bout du compte, les Dresden Dolls ne ressemblent à personne.
En deux albums, ils ont réussi à s'imposer comme une des formations des plus novatrices et comme un incroyable phénomène scénique. Au piano, Amanda Palmer est capable de composer des mélodies pop raffinées comme de se lancer dans des solos apocalyptiques, entre Mike Garson et
Jerry Lee Lewis. Et ses paroles, amères, empreintes d'un humour tordu, ne sont pas la moindre qualité du groupe. Quant à Brian Viglione, il est, n'hésitons pas à l'affirmer, l'un des meilleurs batteurs actuellement en service. Il suffit de l'entendre s'agiter sur leur reprise de « War Pigs » (signé
Black Sabbath) pour s'en convaincre. Avec leur scénographie bizarroïde, qui fait appel à des danseuses, des marionnettes et des maquillages berlinois, les Dresden Dolls renouvèlent enfin les données du spectacle rock.
Leur premier album, « The Dresden Dolls » (2004), fit l'effet d'une révélation, grâce à deux classique instantané : « Coin Operated Boy », savoureux pastiche de
Kurt Weill sur le thème de l'homme-objet et « Girl Anachronism », véritable tour de force surpassant en énergie tous les groupes à guitare
Capables d'être aussi catchy et évidents que
Placebo (voir l'excellent « Bad Habit ») ils s'enfoncent aussi dans d'intenses mélopées mélancoliques, tels « Half Jack », point culminant de leurs sets. Résultat, le disque est riche en surprises et révèle de nouvelles qualités à chaque écoute
Quant à leur deuxième album, « Yes, Virginia
», paru en 2006, il enrichit encore leur univers. Maniant toujours le chaud et le froid, ils y distillent de petits chefs-d'uvre d'ironie comme « My Alcoholic Friends » ou « First Orgasm » et se montrent toujours aussi à l'aise dans le rock à quatre mains, avec « Dirty Business », un nouveau tube en puissance.
Ça commence à se savoir, les Dresden Dolls iront loin, très loin
pour peu que le public se laisse tenter par leurs singularités. On recommande d'aller les voir en concert où vraiment, ils se révèlent bien supérieurs à
Nine Inch Nails, dont ils assuraient la première partie en 2005 !