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Fondés en 1992, les Dandy Warhols sont un des piliers de la scène musicale « arty » de leur ville natale : Portland (Oregon). Leur premier album, Dandys Rule, OK ? sort en 1995 sur le label Tim/Kerr et leur permet de se faire connaître au-delà de la zone de Portland, grâce notamment au circuit des radios universitaires, toujours très influent aux Etats-Unis. Il leur vaut surtout d’être remarqués par la major Capitol, qui les signe et fait paraître leur premier vrai classique, Dandy Warhols Come Down (1997). C’est un succès en Angleterre, grâce au single « Not If You Were The Last Junkie On Earth », le provocateur « Boys Better » passant aussi en radio et le morceau « Pete International Airport » servant même de bande son à une publicité pour Nike. Ils donnent alors des concerts en Europe et en Australie, où ils deviennent très populaires, leur look « décalé » et leur je-m’en-foutisme apparent stimulant les imaginations.Egalement objet de critiques dithyrambiques, Thirteen Tales From Urban Bohemia (co-produit par Dave Sardy, qui a travaillé avec les plus grands de Johnny Cash à Marilyn Manson, en passant par Rage Against The Machine, les Rolling Stones ou Chris Cornell) paraît trois ans plus tard et consolide leur réputation en Europe, où l’album est certifié platine dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni. La chanson « Bohemian Like You », utilisée dans une pub européenne et australienne pour Vodafone et dans la bande son de la populaire série américaine Buffy et les Vampires leur permet d’encaisser une somme rondelette. Ils n’en négligent pas pour autant la scène, où ils font souvent de leurs concerts de quasi-happenings, allongeant des morceaux déjà fleuves et se lançant aussi dans quelques reprises, notamment « No Fun » des Stooges. En 2003, sort Welcome To The Monkey House, mais hélas, le succès n’est pas au rendez-vous, le groupe perdant une partie de son public, déçu par ce virage rock synthétique.L’année suivante, la sortie du documentaire d'Ondi Timoner Dig !, qui met indirectement en parallèle leur carrière et celle du Brian Jonestown Massacre (groupe dont ils ont été très proches) et révèle les tensions qui ont pu exister entre ces deux groupes, enfonce le clou. La presse – surtout en Europe – finit par tourner le dos aux Dandy Warhols et par rallier la cause du groupe d’Anton Newcombe, le loser magnifique. Une période de flottement s’ensuit, au cours de laquelle les musiciens en profitent pour retrouver un peu leurs marques, à commencer par Zia McCabe qui donne naissance à un enfant. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils jettent l’éponge : avec Odditorium To The Warlords Of Mars, ils reviennent presque aux conditions de semi-amateurisme de leurs débuts et opèrent un retour aux sources très salutaire, prouvant par la même occasion qu’ils n’ont rien perdu de leur superbe. Frédéric Régent