Ten Years After n'est pas le nom d'un groupe sur le retour. En 1967, le quatuor débutant, formé d'Alvin Lee, de Leo Lyons, de Ric Lee et de Chick Churchill, choisit ce nom pour fêter les dix ans du rock. Rock'n'roll, mais aussi blues, la formation mêle comme jamais les deux genres musicaux. La voix puissante d'Alvin Lee, quand elle se pose dans les mélodies acoustiques, continue à faire vibrer.
A ses débuts, Ten Years After s'appelle The Bluesyard. Le groupe se produit dans les clubs, joue avec Chris Squire, membre de Syn et futur membre de Yes. Mais les quatre jeunes garçons, bientôt dans le vent, trouvent le nom trop restrictif : ils ne jouent pas que du blues. Le 20 juin 1967, les musiciens se produisent au Marquee Club sous leur nouveau nom. De club en club londonien, la réputation de la formation grandit.
En 1967, Ten Years After se produit au Windsor Jazz & Blues Festival. Le groupe a droit à une standing ovation. Il impressionne l'auditoire et ne laisse pas de marbre les labels. Decca Records propose à la formation un contrat pour un album, même si elle n'a pas de single fait assez rare pour être signalé. Le premier album des prodiges sort en 1967. « I can't keep from crying », sometimes » est repris magistralement par Alvin Lee. Mais malgré ce blues magnifique, l'album éponyme ne remporte pas un vif succès. Mais Alvin Lee, avec sa guitare et sa voix, Leo Lyons, avec sa basse, Chick Churchill, avec ses claviers, et Ric Lee, avec sa batterie, voyagent, notamment aux Etats-Unis où ils sont invités par Bill Graham. Un nouvel album serait idéal pour promouvoir les Ten Years After pendant leur séjour au pays de Chuck Berry. Mais « Stonedhenge » n'est pas encore prêt. Plutôt que d'activer sa sortie, un album live est enregistré : « Undead ». En 1969, Ten Years After est assez renommé pour participer au prestigieux festival de jazz de Newport. Le groupe fait un malheur, comme à Woodstock où il se produit un mois après. Alvin Lee, comme toujours, électrise la foule avec sa voix chaude et son talent de guitariste. La prestation mythique est immortalisée : dans le film officiel du festival, Alvin Lee, survolté, joue « I'm going home ». Au lieu de rentrer chez lui, le chanteur-guitariste interprète pendant plusieurs minutes ce morceau mémorable, mélange de blues et de rock. Après Woodstock, la carrière de Ten Years After est définitivement lancée. « Cricklewood Green » est un succès. Fait de reprises et de compositions originales, le disque des Ten Years After est très bien accueilli par les critiques.
En 71, les Ten Years After valent de l'or. Columbia Records leur propose alors de signer un contrat historique d'un million de dollars. « Space in time » devenant disque de platine, Columbia n'a pas parié sur un mauvais cheval. Ten Years After est le Rock & Blues Band le plus populaire de sa génération.
Puis le groupe semble s'essouffler. En tout cas, les fans ne suivent plus. Les compositions plus pop, les mélodies hard-rock, ne les satisfont pas. En 1974, le groupe se sépare après un décevant « Positive Vibrations » qui n'a même pas su leur transmettre des ondes positives. La formation s'éparpille donc. Alvin, en 1977, fonde les Ten Years Later. Mais Ten Years Later dure moins de dix ans. Ensuite, Alvin enregistre sous le nom d'Alvin Lee Band.
Les années 80 ont droit aux traditionnelles retrouvailles. Plus étonnant : elles durent. Ten Years After, qui garde ce nom même si Alvin Lee a été remplacé par Joe Gooch, se produit régulièrement dans le monde entier et fait entendre ses succès passés.
Mortel