On dit de Suede qu'elle est la formation sans laquelle la britpop - et donc Oasis ou encore Blur - n'aurait jamais existé. A l'origine du groupe : deux fans des Smiths, le bassiste Mat Osman et son partenaire de chant, métrosexuel avant l'heure, Brett Anderson. Histoire de vraiment donner l'illusion d'un groupe de rock, les deux jeunes gens s'affublent un temps du guitariste Bernard Butler et de la petite amie d'Anderson, Justine Frischmann. Celle-ci quittera le groupe en 1991, on la retrouvera au sein d'Elastica, un girl's band trashy dans la même veine que Hole.
Les souhaits d'Anderson et Osman se réalisent lorsque Mike Joyce, le batteur d'origine des Smiths, rejoint Suede. Malheureusement, sa collaboration ne sera que temporaire. Après une brouille avec sa maison de disques, Suede change de label
et de batteur ! Ce qui réussit à la bande puisqu'en 1993, elle empoche le prestigieux Mercury Music Prize. Aux Etats-Unis par contre, le groupe passe son temps aux tribunaux, attaqué par une chanteuse homonyme qui les accuse de plagiat. Résultat : outre-atlantique, les membres finiront par adopter le nom The London Suede.
En 94, Butler quitte Suede. Son successeur, Richard Oakes, n'a que 17 ans mais permet au groupe de mener une tournée mondiale spectaculaire. L'un de leurs premiers fidèles est le producteur de New Order, Steve Osborne. C'est sous son aile que l'ascension de Suede freinera des quatre fers, Osborne ayant décidé de faire évoluer le groupe vers l'electronica. En 2001, nouveau coup dur : leur label, Nude Records, met la clé sous la porte et Suede atterrit chez Sony. Le dernier album «Attitude» est mal accueilli auprès des fans et en 2003, Suede se retrouve dissout. Anderson rejoint alors son vieux compagnon Butler pour fonder The Tears. Fin du premier acte.