Gangster d'amour, ministre
au Ministère A.M.E.R, rappeur, acteur, Stomy Bugsy est un artiste à plusieurs facettes. Le retrouver au côté de
Johnny Hallyday, dans « Le temps passe », avec
Passi et
Doc Gyneco, n'est donc pas si surprenant. Stomy va là où on ne l'attend pas forcément.
Dès sa naissance, il est là où on ne l'attend pas : il voit le jour loin de l'île de ses parents d'origine capverdienne, à Paris. Gilles Duarte, alias Stomy Busgsy, naît le 21 mai 1972. Il grandit à Sarcelles, en banlieue parisienne, au sein d'une famille nombreuse. L'école, dès le primaire, n'est pas son terrain d'apprentissage favori. Il préfère le sous-sol des parkings pour se former au breakdance, les murs pour s'exercer aux graffitis et le ring pour boxer comme son idole Mohammed Ali.
Stomy, après quelques combats en amateur, a raccroché ses gants. Avant d'entendre
Passi à la radio, il se consacre au hip-hop. Les ondes le décident finalement à rapper. Avec
Passi, il fonde Ministère A.M.E.R. Fidèle à l'intitulé de son Ministère - « Action, Musique Et Rap » - il sort « Traîtres », un maxi, puis l'album « Pourquoi tant de haine ». En 95, le texte de « Sacrifice de poulet », qui apparaît sur la compil de film de Mathieu Kassovitz, « La Haine », entraîne une condamnation pour provocation et incitation à la violence.
En solo, le gangster du rap est un gangster d'amour. En 96, Stomy, pour Columbia, n'est que « Le Prince des lascars ». La même année, il sort « Le Calibre qu'il te faut ». Malgré le titre guerrier, l'opus n'est pas totalement noir. L'humour s'introduit dans la mafia et les règlements de compte. Le groove, notamment de « Mon papa à moi est un ganster », allège les drames de l'opus.
Le ministre Bugsy passe au
Secteur Ä, un rassemblement d'artistes de Sarcelles. En 1999, il le quitte et crée son label : Show Lapins. A la fin de l'année, poursuivant la métaphore de chaud lapin, il sort « Mixomatose ». Sur cet album, on trouve tous les jeunes talents de son label. En 2000, à nouveau en solo, il sort « Trop jeune pour mourir ». Le titre, comme la photo - où Stomy Bugsy est torse nu, le bandana noué sur son crâne rasé -, renvoie à Tupac, le rappeur américain assassiné dans des circonstances obscures. Toujours surprenant, Stomy est en duo avec
Jacques Dutronc dans « Tombe à la place du cur ». En 2003, « 4ème Round » paraît. Dans « J'suis né à Pigalle », l'accordéon accompagne la voix de sa mère. « Une femme en prison » est un autre duo inattendu : Stomy chante avec
Kelly Rowland des
Destiny's Child. En 2006, il retrouve
Passi et
Doc Gyneco pour chanter « Le temps passe ».
Stomy séduit les Américaines, les mannequins et les caméras. Le séducteur se retrouve au cinéma au côté de
Patrick Bruel ou de
Titoff ; dans « 3 Zéros » ou « Le Boulet ».