Scott Walker - Ados.fr

Scott Walker

Vrai nom :Scott Engel
Né le : 09 janvier 1943 (75 ans)
Nationalité : Etats-Unis
Métiers : chanteur, producteur de musique, auteur-compositeur, multi-instrumentiste
Label : Virgin | Genre : Pop

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La biographie de Scott Walker
Personnalité secrète et essentielle de l'histoire de la pop, Scott Walker a vécu plusieurs existences musicales. Son œuvre représente une influence majeure du glam-rock, en particulier David Bowie, de la cold wave et de tous les crooners pop qui se sont fait connaître dans les années 90. S'il est surtout connu comme un interprète de Jacques Brel, ses albums tortueux et névrotiques sont une source inépuisable d'inspiration, pour quiconque veut s'en prendre aux bases de la composition. Né dans l'Ohio, Scott Engel grandit à Hollywood. Après quelques tentatives infructueuses sous le nom de Scotty Engel, il change de nom et connaît une première carrière dans les années 60 au sein d'un trio de faux frères : les Walker Brothers. Expatriés par essence, ces Américains connaissent un immense succès en Angleterre et en Europe. En 1965, ils représentent même une sérieuse concurrence pour les Beatles. Leur musique charmeuse est une collection de standards empruntés à la tradition du Brill Building, au rythm'n blues et aux crooners pop des Etats-Unis. Si l'ensemble manque d'originalité, Scott se fait déjà repérer par sa voix unique de baryton et son sens très sûr des orchestrations. Parfois, il arrive à se rapprocher du célèbre Wall Of Sound de Phil Spector. « Love Her », « The Sun Ain't Gonna Shine Anymore » ou « My Ship Is Coming In » sont des classiques de cette époque. Progressivement, l'ambition artistique du chanteur se développe et, en 1966 et 1967, il commence à chanter ses propres chansons au sein du groupe. « Genevieve » ou « Archangel » tranchent nettement avec l'univers du trio. Leur mélancolie et leur sophistication cadrent mal avec les chansons d'amour habituelles. Bientôt, la discorde règne et en 1967, paraît « Scott 1 », bientôt suivi de « Scott 2 », en 1968, puis « Scott 3 » et « Scott 4 », tous deux sortis en 1969. Cette exceptionnelle tétralogie révèle des aspects variés de sa personnalité musicale. Il continue d'y interpréter les standards pop qu'il affectionne, mais révèle une étonnante passion pour Brel. Au total, c'est une douzaine de reprises qu'il répartit sur les trois premiers, en s'attaquant notamment à « Ne me quitte pas », « Amsterdam », « La chanson de Jacky » et « Mathilde ». La portée de ses versions est considérable : il fait en effet découvrir le chanteur belge à un public anglophone qui n'aura de cesse de reproduire son goût pour la théâtralité. Parmi eux figure le jeune David Bowie, qui sera dès lors un fan de Scott Walker. De plus, sur chaque disque, le chanteur ajoute de plus en plus de morceaux personnels, et « Scott 4 » se compose uniquement de ses propres chansons. Le style de ces dernières varie un peu en fonction des arrangeurs : si « The Bridge » (1968) ou « It's Raining Today » (1969) se rapprochent de ses modèles américains, des chansons comme « The Girls From The Streets » (1968), « Big Louise » ou « The Angels Of Ashes » (1969) le voient tenter de saisissants pastiches de Brel, qui ne ressemblent finalement à rien de connus. Encore plus étonnants, « Such A Small Love » (1967), « Plastic Palace People » (1968) ou « Boychild » (1969) le voient flirter avec la musique atonale : leurs violons stridents ouvrent au rock des terres angoissées et inconnues. Partout, ses paroles extrêmement suggestives, toutes en retenue, font planer un voile de mystère tenace… Mais malheureusement, d'album en album, son succès décline, son ancien public n'étant pas prêt à le suivre. Il tente de conjurer le sort en 1970 avec « Til' The Band Comes In », une sorte de concept-album sur la vie d'un homme moderne. Mais malgré quelques moments de fulgurance (« Little Things That Keep Us Together » ou « The War Is Over »), le disque ne convainc pas et s'avère une catastrophe commerciale. Scott Walker est alors obligé de renouer avec le genre consensuel qu'il avait cru pouvoir abandonner. Il enregistre les plus mauvais albums de sa carrière (« Stretch », « We Had It All ») et quelques chansons pour des films, où il se montre en meilleure forme. En 1975, il finit par accepter une reformation des Walker Brothers et retrouve le succès. Le 45 tours « No Regrets », paru la même année, est un immense hit de pop guimauve qui a le mérite de rappeler à tout le monde son existence. Reprenant des auteurs compositeurs du moment, le trio enregistre deux albums dans cette veine (« No Regrets », 1975, puis « Lines », 1976), qui possèdent quelques bons moments. Le morceau-titre du deuxième disque, notamment, voit Scott recourir au fameux accords répétitifs qui avaient fait sa marque de fabrique. Néanmoins, on n'y trouve aucune chanson signée Engel… Les choses changent avec l'arrivée de la New Wave. Influencés à leur tour par « Low » et « Heroes » de Bowie, ainsi que par Kraftwerk, les Walker Brothers enregistrent un des disques les plus surprenants et les plus prémonitoires de l'année 1978 : « Nite Flights ». Scott y écrit quatre morceaux, tous absolument géniaux. « Shutout » réduit le hard-rock à une absurde et inquiétante danse mécanique, « Nite Flights » transforme la disco en descente aux enfers, « Fat Mama Kicks » mélange le free-jazz à des sonorités industriellles, et « The Electrician » est un long grincement atonal et lyrique, d'un seul coup perturbé par une absurde envolée violoneuse… Plus rien ne ressemble à rien, et Scott, avec sa voix ample et lugubre, devient l'étrange maître de cérémonie d'un monde dont seul lui connaît les règles. Si la critique l'acclame, le public est complètement décontenancé, et cette fois-ci, c'est la fin des Walker Brothers. Scott se met alors à travailler à son nouvel album solo, qui ne paraît qu'en 1984. « Climate Of Hunter » va encore plus loin dans l'étrangeté. Mettant en scène ses névroses, le chanteur pose son timbre de crooner sur des ambiances désolées et heurtées, parcimonieusement interrompues par des solos de guitare ou de saxophone. La pop, l'opéra, la musique électronique, le blues s'y trouvent mêlés, condensés en un monologue intérieur de nature inédite et louche. Pourtant, dire que l'album se vend mal serait un euphémisme… on dit qu'il fut la pire vente de l'histoire de Virgin. Dès lors, l'artiste entame une longue dépression. N'ayant plus les moyens d'enregistrer quoi que ce soit, il joue inlassablement aux fléchettes dans le pub de son quartier. La reconnaissance tardive de Marc Almond, Jarvis Cocker de Pulp ou Neil Hannon de The Divine Comedy lui permet néanmoins de retourner en studio au début des années 90. « Tilt » paraît en 1995. Très marqué par Nine Inch Nails, ce disque le montre au sommet de son art. De l'opéra (« Farmer In The City ») à la pure violence (« The Cockfighter »), sa musique constitue à elle-seule un récit, un film. Malgré sa fragmentation, elle multiplie les images, emmenant l'auditeur dans un voyage fantastique. De leur propre aveu, Brian Eno et David Bowie écouteront l'album en boucle lorsque, la même année, ils enregistreront « Outside ». Le disque est un nouvel insuccès, mais désormais, Scott Walker s'en moque. Reconnu dans le monde artistique, il peut composer des BO (« Pola X », 1999), écrire des chansons pour d'autres interprètes (Ute Lemper fait appel à lui pour son superbe « Punishing Kiss » en 2000) ou produire des albums, tel « We Love Life », de Pulp, en 2001. Accoutumé au silence, il prend le temps de travailler lentement. Paru en avril 2006, "The Drift", son dernier album, pousse encore plus loin le projet. Toujours aussi narrative et abstraite, sa musique fait de plus en plus appel aux bruitages et aux ruptures. Difficile d'accès, ce disque, soyons-en sûr, marquera les esprits les plus aventureux.

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