Sympathique trio canadien dominé par la personnalité du batteur et chanteur Joseph Janisse, sorte de dandy tout de blanc vêtu, Rocketface est un groupe de rock ambitieux qui ne cache pas son intention de faire « de la grande musique », selon les termes de son leader. Pour rester plus terre à terre, il s'agit tout simplement d'un rock à guitare de bonne qualité, marqué par les compositions les plus agressives et bruitistes de
Muse (en particulier sur le morceau « Fallin' Out ») ou de
Primal Scream, ainsi que par les grands classiques du rock.
Leur premier album éponyme, paru en 2005, déborde d'énergie. « Hats Off » fait penser aux Rolling Stones, en plus grungy, en particulier grâce au jeu richardsien du guitariste Ray Zilli. C'est aussi le cas du single « Dirty », encore que le son un poil trop léché puisse rappeler des heures moins glorieuses de la bande à
Jagger, voire le hard FM complaisant remis au goût du jour par
The Darkness. Les ballades à l'américaine (« To Take You Home », « Once Your Were Alive »), peinent à prouver leur originalité, sans être vraiment mauvaises non plus... On préfère leurs tentatives plus expérimentales, comme le quasi-instrumental, « We'll Meet Again », qui clôt l'album.
La section rythmique de David Markham, le bassiste, et de Janisse, laisse présager des prestations scéniques de bonne tenue. On attendra donc patiemment les albums suivants, en espérant qu'un jour, les musiciens arrivent vraiment à enregistrer des chansons aussi bonnes que « Strawberry Fields Forever », comme ils en ont l'intention. C'est là tout le mal qu'on peut leur souhaiter !