Robert Wyatt - Ados.fr

Robert Wyatt

Né le : 28 janvier 1945 (72 ans)
Nationalité : Angleterre
Métiers : chanteur, auteur-compositeur, batteur, multi-instrumentiste
Label : Hannibal | Genre : rock progressif

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La biographie de Robert Wyatt
Personnalité secrète et vénérée de l’histoire du rock, le batteur, chanteur et multi-instrumentiste Robert Wyatt est définitivement en marge. Toujours à la pointe de l’expérimentation, mais complètement à l’écart de tout mouvement, il s’est bâti un univers très personnel, marqué entre autres par le jazz moderne, la musique électronique le dadaïsme, l’idée communiste et les comptines pour enfants. Malgré cette position atypique, il mérite d’être cité parmi les personnalités clefs des vagues psychédéliques et progressives. Né à Bristol, Wyatt débute néanmoins sa carrière musicale à Canterbury, au sein des Wilde Flowers, rebaptisés Soft Machine en 1966. Sur leurs deux premiers albums, il est l’instigateur de l’imaginaire dadaïste délirant du groupe. Après « Third » (1969), où il chante un scat mémorable sur « Moon In June », il finit cependant par se lancer en solo et publie son premier album, « The End Of An Ear », en 1970. D’emblée son style s’affirme : des chansons pop construites sur des rythmiques et des accords jazz. L’influence de Miles Davis, Gil Evans ou Weather Report, en pleines recherches jazz-rock, se fait clairement sentir. En tant que musicien de studio, il participe également aux premiers albums de ses vieux amis Kevin Ayers et Daevid Allen (futur grand gourou de Gong), ainsi qu’à « The Madcap Laughs » de Syd Barrett. Retenté par une expérience de groupe, il fonde en 1972 Matching Mole, où figure un autre ancien de Canterbury : David Sinclair, ex-claviériste de Caravan. Plutôt instrumental et hermétique, leur premier album éponyme contient néanmoins une superbe ballade : « O Caroline », où la voix de Wyatt se montre plus mélodieuse et émouvante que jamais. Avec « Little Red Record », sorti la même année, la formation signe un deuxième album plus accessible, à la fois politisé et ironique. La pochette, inspirée par le « réalisme socialiste », choque les esprits chagrins. L’histoire de Matching Mole manque cependant de s’achever tragiquement en 1973 lorsque, au cours d’une soirée un peu trop arrosée, Robert Wyatt se jette par la fenêtre. Il survit mais perd l’usage de ses jambes et donc, quasiment celui de sa batterie… Il revient néanmoins l’année suivante, pour deux disques majeurs. Alors que les dérivés commerciaux du glam-rock squattent les hit-parades, il participe au gigantesque concert organisé par Brian Eno et John Cale, le 1er juin 1974, qu’on peut analyser comme une sorte de clôture du mouvement. A leurs côtés, on trouve le fidèle Kevin Ayers, mais aussi Nico et Mike Oldfield. Du côté de ses enregistrements personnels, il livre « Rock Bottom », reconnu la plupart du temps comme son chef-d’œuvre : disque phare, étouffé, claustrophobe, mélancolique, faussement minimaliste, planant et évocateur, il s’apparente à un nouveau point de départ pour sa carrière de chanteur. Pourtant, à partir de « Ruth Is Stranger Than Richard », l’année suivante, il s’enfonce peu à peu dans l’underground. Les mélodies sont toujours aussi belles, et les collaborateurs toujours aussi prestigieux (Nick Mason de Pink Floyd et Brian Eno sont au rang des fidèles), mais le public va se laisser conquérir par les trois accords du punk et oublier les artistes de sa génération. Dans les années 80, Wyatt reste toujours aussi prolixe et, contrairement à beaucoup, ne cède pas à la tentation des arrangements clinquants qui ont marqué la décennie. Au contraire, son univers reste intimiste et discret, toujours tourné vers la comptine savante et ironique. Un peu isolé, il collabore tout de même avec Elvis Costello (pour qui il crée le fameux « Shipbuilding ») et reprend « Biko », de Peter Gabriel. En ces temps troublés, marqués par la crise économique, son engagement communiste se précise et, dès 1979, il adhère à la section britannique du Parti. Néanmoins, ses reprises délirantes et minimalistes de « L’Internationale » ou de « Guantanamera » prouvent qu’il a su vivre cette implication politique avec un indéniable humour ! Après le très bel « Old Rottenhat » (1985), son nom revient sur les lèvres. Mais c’est bien entendu le moment que Wyatt choisit pour se taire, pour ne revenir qu’en 1991. Entre temps, seuls Ryuichi Sakamoto et Brian Wilson, l’ancien compositeur et chanteur des Beach Boys ont eu l’honneur de bénéficier de ses services. « Dondestan » (1991), « Shleep » (1997) et « Cuckooland » (2003) lui permettront d’acquérir sa tardive reconnaissance. Album après album, on cesse de le considérer comme un original digne d’un cabinet d’antiquités, mais comme un des musiciens les plus inventifs de l’histoire du rock. De Pascal Comelade (qui reprend avec lui « September Song » de Kurt Weill) à Paul Weller, nombreux sont les artistes qui font appel à ses talents. En 2004, il a contribué à « Medúlla », de Björk, un disque suffisamment inventif et intimiste pour s’intégrer à son univers et joué des percussions sur "On An Island", de David Gilmour, en 2006.

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