Hors du temps, Michel Stipe et sa bande de rêveurs paradoxaux le sont définitivement puisque c’est grâce au désormais incontournable « Out of Time » que R.E.M est rentré pour toujours dans l’histoire du rock, gravant au sein de l’éternelle playlist des chansons cultes « spécial rupture », le sublime « Losing My Religion ». Depuis, R.E.M impose toujours au rock sa religion musicale brûlante, inspirée et sous influences mélancoliques pour le plus grand bonheur des coeurs brisés. Avant de devenir les chouchous des ondes, R.E.M avait déjà armé ses guitares puis conquis la scène rock alternative et les campus Outre-Atlantique. Fondé en 1980 par Michael Stipe (le chanteur), Peter Buck (le guitariste), Bill Berry (le bassiste) et Mike Mills (basse), R.E.M (dont les initiales signifient « Rapide Eye Movement », évoquant le moment du sommeil où l’œil s’agite tandis que le dormeur rêve) joue à ses débuts un genre de folk-rock un peu garage sur les bords qui séduit très vite le milieu indé mais pas vraiment les radios commerciales. Pourtant, dès le premier single, « Radio Free Europe » qui paraît en 1981, la critique spécialisée sent bien qu’elle tient ici un groupe d’exception et continue à croire en R.E.M, lorsque sort en 1982 un mini-album intitulé «Chronic Town ». Mais c’est surtout sur scène que le groupe fait des émules, notamment lorsque R.E.M fait la première partie de The Police pour ensuite écumer toutes les salles d’Amérique. De plus, le jeu de guitare carillonant de Buck, l'écriture ciselée comme le verbe engagé de R.E.M ont aussi contribué à la popularité du groupe dans les 80's. Malgré un public qui ne cesse de croître au cours de la décennie, et la sortie de plusieurs albums dont « Murmur», le premier de la liste qui paraît en 1983, la bande venue d’Athens en Georgie, qui avait branché les amplis pour tronquer l’ennui pendant l’adolescence, n’arrive cependant pas à percer au delà de la sphère underground. Exténués par des tournées et concerts incessants, les quatre musiciens décident de faire une petite pause d’un an après la sortie de l’album « Green » en 1988. Bien leur a pris de souffler un peu puisqu’à leur retour en 1991, R.E.M connaît enfin la gloire à grande échelle avec « Out of Time », notamment grâce aux tubes « Losing My Religion » et « Shiny Happy People », le duo chanté avec Kate Pierson des B-52’s. Dès lors, on entend alors R.E.M sur toutes les radios . Michael Stipe et ses acolytes sont propulsés au rang de stars internationales sans trop comprendre ce qui leur arrive. Pourtant, « That’s was not just a dream » et R.E.M est bel et bien devenu l’un des groupes les plus en vogue du moment, avec leurs collègues bruitistes nirvanesques. Mais contrairement à Kurt, Michael tout comme les autres compères de R.E.M ne craqueront pas sous la pression médiatique et sauront mieux digérer le succès. Mais R.E.M n’est pas du genre à séduire le grand public, il préfère le surprendre en concoctant des albums où la remise en question artistique est toujours de mise. Si « Automatic For The People » qui paraît en 1992 (où l'on peut découvrir « Everybody Hurts», la magnifique ballade qui a fait danser des millions de couple dans le monde entier, ) et « Monster » qui sort en 1994 (et qui comprend « Let Me In », une chanson écrite à la mémoire de Kurt Cobain) ne cartonnent pas autant qu’ « Out of Time », ils confirment que le groupe a vraiment sa place parmi les plus grands. Or, quelques incidents fâcheux surviennent dans la vie du groupe : lors de la tournée suivant la sortie de « Monster », le batteur Bill Berry est hospitalisé pour une hémorragie cérébrale, survenue en plein concert. Par la suite, Michael Stipe et Mike Mills rejoignent eux aussi les lits d’hôpitaux. Ces nombreux problèmes de santé n’empêchent pas R.E.M de sortir en 1996 « Adventures in HI FI ». Bill Berry cependant ne se remet pas de son incident et quitte le groupe en 1997. Le groupe devenu trio se débrouille sans batteur et font de nouveau un gros carton avec « Up », une de leur meilleur galette (avec « Out Of time » bien entendu !). En 2001, R.E.M est de retour dans les bacs avec le disque « Reveal » qui une fois de plus fait fureur, notamment le single « Imitation Of Life ». En 2003, paraît le premier best-of du groupe, puis R.E.M publie en 2004 un nouvel opus, « Around The Sun ».