Sa « face de vaurien » ne vaut pas rien. Polydor, avant qu’il ne remporte le Tremplin MCM en 2001, s’en rend compte. Dans la tête du Lyonnais Philippe Prohom, leader du groupe qui porte son nom de famille, le son est souvent électro et les mots sont inversés. Après un album éponyme, sorti en 2002, Prohom revient sur les ondes radio avec « Peu importe » en 2004. La légende médiatique raconte que la victoire au Tremplin MCM a rapporté à Prohom un contrat. Mais le chanteur dément les dires. Il a gagné un micro et de quoi rembourser les frais de participation, notamment le coût du trajet jusqu’à Paris. Aucune signature n’a été offerte. Le contrat était déjà engagé avec Polygram. Philippe Prohom, avant de parvenir à signer, a présenté plusieurs maquettes entre 94 et 98. La dernière réalisée, envoyée aux maisons de disques en 1998, permet au groupe de participer au Tremplin. Avant d’arriver sur les ondes du Mouv’ ou de Ouï FM en chouchou, Philippe Prohom a dû recruter. Il rencontre son premier guitariste, Julien Bernard, suite à une annonce. Yann vient de l’ANPE. Son C.V. s’est un peu imposé comme un défi : Philippe devait absolument rencontrer ce batteur très sûr de lui. Yann Coste, en effet, assure. Son profil est donc retenu. L’actuel guitariste, Manu Praz, a été engagé suite à un coup de cœur. Quant à Damien Habouzit, le batteur, il a dû subir les auditions et le verdict des trois membres de Prohom. Devant Yann, Manu et Philippe, il a fait l’unanimité. Si Prohom est un groupe sur scène, le leader aime travailler seul, en amont, pour éviter les longues répétitions ou les désaccords interminables. Ouvert aux idées communes et aux remises en chantier, Philippe a quand même revu sa manière de travailler pour son deuxième album. Pour cet opus plus personnel, il a été plus perso. Il n’a pas demandé l’avis des musiciens. Sinon, « Restons les mêmes » ou « D’accord » n’auraient pas vu le jour. « D’accord », sur les bonheurs potentiels offerts par la vie et l'amabilité qui manque aux gens, dans les situations du quotidien, est une ballade poétique. Sa mélodie et sa poésie ne pouvaient faire l'unanimité dans un groupe partagé par des goûts musicaux différents. Pour « Peu importe », Prohom a fait appel à Fabrice Leyni. Fan du son de « Ma Benz » ou de « Laisse pas traîner ton fils », Philippe Prohom voulait travailler avec celui qui a collaboré avec NTM. Pour son DVD, il a voulu travailler avec Laurent Bouhnik, le réalisateur de « Zonzon ». Avec la vidéo, ils cherchaient à attirer les gens vers le disque. Acteur, pendant un temps, Philippe a une idée à développer : celle d’un homme difficile à cerner, quasiment impossible à juger, ni tout noir, ni tout blanc. Le scénario creuse le paradoxe. L’homme va tout de même être jugé. Chez certains, le court-métrage éveille la compassion. Chez d’autres, la révulsion. Pour Prohom, son personnage est un enfoiré. Mais les enfoirés ont toujours quelques personnes pour prendre pitié et trouver des circonstances atténuantes. Quel que soit le côté privilégié, Prohom montre que le spectateur choisit toujours un camp.
En 2006, Philippe Prohom se repose, écrit, compose, remixe ou produit pour les autres, travaille en formule piano/voix, intervient au chantier des francos en tant qu’intervenant scène, crée un label (97 records) avec Myriam Kanou pour produire son album et décide en 2007 de revenir au-devant de la scène, du public et des medias, avec un album intitulé « Allers Retours ». Il en assure la réalisation et partage le mix avec un nouveau collaborateur de talent : Jack Lahana, présenté d’ailleurs par l’équipe de polydor avec laquelle il entretient toujours de bonnes relations. Désormais signé en licence par le label indépendant At(h)ome, Philippe s'entoure d'un nouveau line-up avec François Lebleu (batterie), Frédéric Dubois (basse), Arnaud Jouffroy (guitare) et Christian Fradin (machines et claviers), qui l’accompagnent en studio et sur scène. Ce nouvel album dépasse les frontières déjà explorées : résolument, placé sous le signe de l'émotion et de la sensation, la musique de Philippe Prohom s’adresse dorénavant bien plus au corps qu'à l'intellect. Composé de 12 nouveaux titres, « Allers Retours » est un album de chansons rock, toujours teinté de sonorités électro, même si l’ensemble est plus tourné vers le binaire et la pop. Dévoilant un concept où tous les titres sont liés par des instrumentations, des extraits de poèmes, ou des bruitages, l’album s’écoute comme un voyage de 45 minutes, au coeur de l’univers et de la vie de l’auteur… On y voyage en train (« jamais dans le bon sens »), on y fait des rencontres (« la fille du train »), on l’accompagne en pleine insomnie ou en plein bad trip (« un inconnu »), on y chante des « conneries » (« mon étiquette »), on est témoin de sa passion non dissimulée pour d’autres chansons (« autour de Lucie ») et l’on découvre toujours différentes facettes de sa personnalité, emplie de paradoxes, de doutes et d’envies assumées (« grossier », « en forme »,« le meilleur »). Artiste reconnu aujourd’hui pour ses compositions originales, ses textes ciselés, ses refrains puissants, comme pour ses représentations scéniques d’une énergie, d’une humanité et d’une sincérité rare, Philippe Prohom repart sur les routes à partir d’avril 2007 pour une tournée prometteuse et attendue…« Allers retours » : sortie nationale le 26 mars 2007.
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