A la sortie de leur album "Rock" à l'automne 2003, on avait demandé à Marco le chanteur de Pleymo de quoi parlait exactement "Modaddiction" (mode addiction) l'un des titres de cet album qui ne laisse planer aucun doute quant à ses références guitare-basse-batterie rockeuses :
"
Modaddiction ça parle de Star Academy. Ca nous fait un peu mal, cette histoire. A l'heure actuelle, aucun de nous ne vit de sa musique. Et c'est rageant, quand tu as construit ta maison de tes propres mains, de voir que désormais n'importe qui avec un peu de voix s'improvise chanteur. Les maisons de disques s'acoquinent avec les télés et y trouvent leur compte
mais ça ne me fait pas rêver. On a l'impression qu'ils sont dans un gymnase, pour passer leur BAFA. C'est ultra dévalorisant pour ce métier, qui est déjà en danger à cause du gravage
mon petit frère fait partie de cette génération qui n'a jamais acheté un disque".
Certes, cela peut apparaître un brin "réac" mais force est de constater qu'il y a un peu de vrai là-dedans et que l'état de la musique est toujours aussi formaté. Plus qu'un état, on a l'impression d'une vraie bouillie pour grabataires et enfants, lobotomisés par des années de "télé vietcong stalinienne" où le zapping est du registre du réflexe de Pavlov : le footballeur y devient chanteur, le présentateur météo se fait guitariste, la star porno se met à la batterie (quand elle ne fait pas de politique), l'acteur de série en plastique se fait bassiste, l'animateur se met aux claviers et on passe tout ça à la moulinette des grands opérateurs de téléphonie mobile pour avoir un concert au Stade de France avec Coca Light histoire de passer à la télé rien qu'une fois dans sa vie ! Mais l'absence de limites d'une télé devenue indécente et vulgaire ne doit pas nous faire oublier les propres limites qu'elle nous impose discrètement, ni le fait qu'il y ait toujours de la création en musique comme en cinéma ou en peinture. A l'époque (cela est toujours valable mais un chouilla moins) Pleymo tenait avec
Enhancer le haut de l'affiche du néo-métal français, néologisme un peu fourre-tout où l'on trouve du heavy metal, du speed metal, du rap hardcore et de la fusion. Mais pour Pleymo, fils spirituels des
Rage Against The Machine et des premiers
Red Hot ça ne leur fait pas grand chose d'être mis dans le même sac qu'Aqme,
Korn,
Mass Hysteria, Vegastar, System Of A Down ou encore
Sepultura et
Nickelback. Ce qui compte pour Pleymo c'est de composer et de faire de la musique avec plaisir (base de toute chose) sans se perdre de vue (base de toute chose).
En 1999, le batteur Fred Ceraudo, le Dj Frank Bailleul, le bassiste Benoît Julliard, Marco Maggiori le chanteur, Davy Portella et Eric Devilloutreys les guitaristes, enregistrent donc le premier album "Keçkispasse ?" et qu'est-ce qui s'passe : 10 000 albums vendus ! En 2002, à défaut de proposer une part de space cake, Pleymo nous convie à la dégustation de l'album "Episode 2 : Medecine Cake" qui vient souligner leur manière de ne pas suivre le sens de la marche et d'aller à rebrousse-poil des conventions et de l'abrutissement généralisé. Mais c'est surtout avec leur album "Rock" signé chez Epic que Pleymo (malgré la déception de certains fans en bermuda et en skate) arrive à une maturité pleine et assumée. Plus simple dans les lyrics, moins dark, plus rock peut-être aussi.
Comme le dit si bien le chanteur :
"une chouette mélodie et des mots simples, ça vaut largement les phrasés très élaborés mais limite yaourt sur lesquels je m'escrimais auparavant. Avant, j'écrivais mes textes vite fait sur un coin de table, freestyle, je disais moins de choses de moi".
A gamberger
En 2006, Pleymo est de retour avec l'album "Alphabet Prison".