Phil Pratt c'est l'électron libre de la production reggae. On l'a vu bosser pour
Studio One, pour les studios Black Ark de
Lee Scratch Perry, on l'a vu se balader près des studios Trojan, bref, il a passé son temps à traîner ses oreilles (à défaut de guêtres) un peu partout. A force, il fallait bien que ça arrive : il monte son propre label en 1966 « Sun Shot » et enregistre Horace Andy. Mais électron libre ne veut pas dire dilettante ou légèreté. Au contraire, quand on écoute la production et les albums qu'il a supervisés on peut dire que c'est du très très bon. C'est comme si on prenait le meilleur du reggae lover et le meilleur du dub ! En fait, c'est super mortel ! Prince Buster,
Big Youth,
Gregory Isaacs, Dennis Brown,
Max Romeo (pour qui il a fait le son sur l'album Revelation Time en 75), Al Campbell, bref, pratiquement tous les grands ont passé le casting pour le lui. C'est bien connu, quand le metteur en scène est bon, les comédiens le sont aussi. Phil Pratt c'est le « label rouge » du reggae et on peut tout acheter les yeux fermés !