Médiatisé par son allure de croque-mort et ses copinages avec Kylie Minogue, Nick Cave doit aussi sa gloire à ses talents de chef d’orchestre. Il dirige ainsi la formation australienne des Boys Next Door en 1977, l’exporte en Angleterre sous le nom de The Birthday Party puis s’attelle à la création des Bad Seeds sur les cendres de TBP, éteint à Berlin en 1983. Ce dernier groupe, tendance post-punk, va se développer comme une véritable fanfare internationale. Au départ quatuor, il est composé de Nick Cave donc, mais aussi de son vieil acolyte guitariste (ils jouent ensemble depuis le lycée) Mick Harvey, de son «choriste» allemand Blixa Bargeld et du batteur helvéte underground Thomas Wydler. Envoûtés par le rock noir de Nick Cave, une foule de musiciens mondialement reconnus n’hésite pas ensuite à faire des infidélités à leurs groupes d’origine pour se greffer au projet Bad Seeds. On citera bien évidemment Barry Adamson, bassiste du groupe british Magazine (et accessoirement compositeur pour David Lynch) ou Anita Lane, chanteuse sulfureuse à qui l’on doit quelques titres du plus grand succès des Bad Seeds : «From Her To Eternity». N’oublions pas les apparitions furtives sur l’album «Murder Ballads» de PJ Harvey et Kylie Minogue. La bande ne cesse de nous étonner encore aujourd’hui et après 13 albums, ayant sorti fin 2005 une compilation de b-sides et autres morceaux rares. Depuis, la formation a notamment sorti Dig !!! Lazarus Dig !!! en 2008.