Mory Kanté a été le premier à penser à devenir un griot électrique. Arrivant de la tradition orale et des instruments africains, il a mixé l'Afrique moderne à la pop occidentale pour trouver un succès mondial. Il a été aussi un des artisans de la sono mondiale parisienne des années 80. Mais sa carrière existe avant et après. Résumé de parcours.
Jusqu'à 15 ans, Mory est initié aux rituels traditionnels. Il participe à de nombreuses fêtes et cérémonies officielles au cours desquelles il forge son expérience de musicien et chanteur. Mory se passionne pour les musiques électrifiées et apprend la guitare. En 1968, il quitte l'école pour intégrer l'Institut des Arts de Bamako. Mais dès 1969, joue dans différents groupes, en faisant danser les maliens des nuits entières dans des bals à ciel ouvert, les apollos. En 1971, Mory est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d'intégrer le Rail Band de Bamako. Mory prend place dans l'orchestre dont le chanteur est Salif Keïta.
Lorsque Salif part fonder les Ambassadeurs, Mory le remplace au chant et tourne dans toute l'Afrique de l'ouest. En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d'or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse la tradition qui veut que le balafon soit l'instrument noble dans sa famille. Il compose aussi des musiques pour chœurs et ballets. Enfin, il enregistre avec le Rail Band,« L'Exil de Soundiata, le fondateur de l'empire Mandingue ». En 1978, Mory s’installe en Côte d'Ivoire et s'entoure de nouveaux musiciens, la kora est au centre de son travail. Il rhabille rock les airs traditionnels et revisite les standards soul à la kora, au djembé ou au bolon : succès immédiat !
En 1981, Courougnègnè fait de Mory une star africaine. Seul, Mory Kante arrive en France en plein hiver 1984, Mory Kante à Paris est produit par Aboudou Lassissi. L'accueil critique et public est bon et Mory Kante multiplie les concerts dans toute l'Europe. Artiste sans carte de séjour, il devient une figure essentielle de la scène « world ». En octobre 84, il passe à la Mutualité. En décembre, au New Morning. En avril 1985, il est invité au festival du Printemps de Bourges. Puis du 12 septembre au 12 octobre,Jacques Higelin, rencontré des années auparavant en Afrique, le convie à Bercy, devant 16.000 personnes, avec le Sénégalais Youssou N'Dour. En Italie, il croise David Sancious (Bruce Springsteen) qui va produire Ten Cola Nuts en 1986 pour Barclay. Ces noix de cola représentent des offrandes rituelles et des vœux de bonheur.
Le griot électrique atteint en 1987, les sommets avec Akwaba Beach, produit par Nick Patrick, sous l'œil de Philippe Constantin. "Yéké Yéké" explose les hits-parades du monde entier, un titre réenregistré qui se trouvait déjà sur l'album Mory Kanté à Paris. En quelques années, le 45 tours atteint des millions d'exemplaires, objet d'innombrables transformations, remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec lui, Mory Kante devient l'artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. En juillet 88, Yéké Yéké atteint la première place du classement pan-européen établi par l'hebdomadaire professionnel Billboard. Après un disque d'or en 88, Mory obtient aussi la Victoire de la musique du meilleur album francophone. En 1990, son album Touma ("Le moment") le voit entouré de Carlos Santana et de Ray Phiri.
Le 14 juillet 1990, il représente la France avecKhaled et les Gypsy Kings lors d'un concert géant à New York, dans Central Park. En novembre, toujours à New York, il participe au Gala de la francophonie dans l'Apollo Theatre de Harlem qui a vu débuter son idole, James Brown. Mais Mory, comme Salif Keita, songe à revenir sur sa terre natale. Il projette de monter à Conakry un complexe culturel comprenant un studio, un centre de formation aux métiers du spectacle, un hôtel et un musée des griots qui aura du mal à voir le jour. D'autre part, il monte un orchestre philharmonique d'une trentaine de koras, et autant de harpes, violons et flûtes, soit 130 musiciens qui inaugurent, en 1991, la Grande Arche de La Défense. C'est chez lui qu'il enregistre Nongo Village du nom de son studio et le single « La Tension » va conquérir les foules. Dans ce disque, le balafon détrône les guitares. En 1994, Mory Kante reçoit le « Griot d'Or »
L'album Tatebola se met à l'heure de la techno… Mais les bases rythmiques de la techno ne sont pas si éloignées des percussions ancestrales et les inspirations musicales de ce disque se veulent proches des origines mandingues. En 1997, Mory Kante joue au Womad à Reading. Sa notoriété s'essouffle un peu, mais Tamala ("le Voyageur") en 2001, le retrouve afro- funk avec une part d'instruments traditionnels importante, une saveur plus douce et moins électronique.
| Similaires | Rachid Taha |
| Collaborations | Shola Ama, Jacques Higelin, Salif Keita, Khaled, Youssou N'Dour |
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