Martin Rappeneau en interview vidéo
Martin Rappeneau

L'interview (vidéo) de Martin Rappeneau, un trentenaire dans "L'âge d'or"

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rappeneau-player Ados.fr : Dans ton dernier album, « L'âge d'or », tu fais moins d'effets avec ta voix. Elle est plus directe que dans « La moitié des choses », ton premier opus. Pourquoi avoir choisi un autre ton ?

Martin Rappeneau : On n'a pas pris un autre ton. Je n'ai pas transformé ma voix, mais j'ai voulu chanter de façon plus pure, toujours avec de la puissance. J'ai chanté tout l'album vraiment collé au micro, je voulais donner l'impression de chanter à l'oreille de l'auditeur. Je voulais aussi une véritable densité d'orchestration, une vraie énergie du groupe qui joue derrière. Dans mon premier album, il y avait quelques artifices en rapport avec la pudeur. Je les ai gommés dans ce deuxième album, je suis allé plus directement à l'essentiel dans l'interprétation. C'est en faisant de la scène, en discutant avec d'autres artistes, notamment avec Camille, que j'ai décidé d'épurer ma voix.

Ados.fr : « La sortie c'est par là », n'est-ce pas un peu l'élan, le pas en avant qui permet de dépasser ses peurs ? Qui, dans ta vie, t'a montré la sortie, t'a donné le courage d'entreprendre ?

Martin Rappeneau : Personne en particulier. Je n'ai pas un nom de gourou à sortir en disant lui, c'est lui ! Je ne me suis pas non plus fait tout seul. C'est beaucoup de rencontres, mes amis proches, mes producteurs de musique, mes petites amies, mes parents. C'est vraiment un ensemble de choses. Je construis beaucoup avec les autres. J'essaie de prendre chez chacun le meilleur de ce qu'ils peuvent m'apporter, de rebondir sur ce qu'ils me disent. Je suis beaucoup à l'écoute des autres. Je pense ne pas être quelqu'un de buté. Les autres m'aident à trouver le ton juste ? Je suis plutôt à l'écoute de ces gens-là, des gens de confiance. Je ne suis pas non plus entouré de 400 conseillers différents. Sinon, je pense que je ne serais personne parce que j'écouterais les conseils de trop de monde. Je me base donc sur un petit cercle d'amis, une petite famille.

Ados.fr : Tu écoutes les critiques de tes proches, mais prends-tu en compte celles dans les journaux ?

Martin Rappeneau : Je les prends en tout cas. Mais j'essaie de pas lire les mauvaises. J'écoute les mauvaises critiques quand elles viennent de gens qui me sont proches. Les critiques des journaux, ce sont des gens que je ne connais pas. Je ne sais pas tout ce que le mec a fait la veille, je ne sais pas quel album il a écouté, je ne sais pas s'il s'est fait larguer par sa petite copine ou s'il a mangé un plat trop épicé qui lui donne des aigreurs d'estomac. Donc, lui, je ne l'écoute pas.

Ados.fr : Dans « La sortie c'est par là », tu « voudrais bien forcer la porte (...) de la voisine ». Rentrer dans la vie des gens, même par le biais de la chaîne Hi-Fi, c'est une motivation de plus pour devenir chanteur ?

Martin Rappeneau : J'essaie de trouver la confiance pour forcer la porte de la voisine ou juste pousser la porte de la vie. Les chansons, la musique, me donnent la confiance qui me permet d'être le plus possible dans la vie. Sans la musique, je suis quelqu'un de pas très sûr de lui, d'hésitant. Être sur scène ou derrière le piano m'aide à surmonter mes peurs, dans les moments de tous les jours, avec la voisine ou les filles en général.

Ados.fr : À quinze ans, tu imitais Michel Jonasz à la perfection. « Poupée russe » sonne Michel Berger, « Starmania », « Quand on arrive en ville ». Pour toi, ils font partie de l'âge d'or de la musique, des références incontournables ?

Martin Rappeneau : Oui, pour moi ce sont des références incontournables, justement parfois un peu difficiles à dépasser. « L'âge d'or », c'est ça, c'est le poids du passé. Les génies du passé, comme Beethoven, ont déjà fait tant de belles choses. Comment exister après ça ? C'est marrant, on me cite souvent « Starmania » pour « Les poupées russes ». Mais cette idée de l'intro est une idée du producteur, Clive Langer, qui ne connaît pas du tout Michel Berger. En faisant le morceau, on ne s'est pas du tout rendu compte qu'à un moment ça pouvait évoquer ça. Je pense qu'après les premiers accords, le morceau part complètement ailleurs. Mais Michel Berger est une référence que je revendique. J'adore Berger, j'adore Jonasz ou Véronique Sanson. J'aime beaucoup les mélodistes qui se mettent derrière le piano.

Ados.fr : Le piano est tout naturellement présent dans ton album. On n'est donc pas tellement surpris de te voir en photo avec un tee-shirt à l'effigie de Beethoven, représentant de l'âge d'or. Mais pourquoi lui et pas Bach, Mozart ou Elton John?

Martin Rappeneau : C'était pour faire la nique à Mozart. C'est l'année Mozart. Y'en a marre de l'année Mozart. On a donc mis Beethoven. Il y a quelque chose de très beau dans cette image, cette tête de Beethoven avec ce regard intense qui regarde la personne qui regarde la pochette. La musique classique n'est pas une référence spécialement en moi. J'ai des références plutôt pop. Plutôt qu'un tee-shirt à l'effigie de John Lennon, Michel Berger ou d'Elton John, c'est bien d'avoir pris un truc complètement à côté de mon univers.

Ados.fr : Le texte « Les pieds sur terre » est plein de « pesanteur ». Le regard est baissé, les mains ne se tendent plus vers le ciel et les rêves. La mélodie ou ta voix, contrairement au constat, sont très aériennes, optimistes. Est-ce une façon de dire que le sol, la note, te permet de te soulever du sol ?

Martin Rappeneau : Sans doute. Ça résume bien en tout cas les deux sentiments. Dans l'album, il y a de la mélancolie et en même il y a de la lumière. C'est lumineux j'espère. Dans la voix, dans les arrangements, il y a quelque chose de coloré. « Les pieds sur terre », c'est çà. C'est à la fois avoir la tête dans les nuages, mais aussi dans la réalité crue. Je suis entre les deux. J'essaie d'avoir le plus possible la tête dans les nuages. Beaucoup de chanteurs disent : « J'ai vraiment les pieds sur terre ». Quand on fait ce métier, ce n'est pas toujours la meilleure qualité à avoir. C'est bien de pouvoir s'élever le plus possible. Évidemment, la vie me ramène souvent à l'échelle terrestre. La musique, c'est un luxe, c'est mon moyen d'évasion.

Par Hélène Baratte |   dernière mise à jour : 04 avril 2006

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