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Love

Nationalité : Etats-Unis
Label : Elektra | Genre : Pop

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La biographie de Love
Une petite introspection dans les albums et les titres de ce groupe injustement éclipsé par les grosses pointures psyché de l’époque, permet de se rendre compte de son ampleur et de son impact souterrain sur la musique californienne et anglaise. Mieux qu’un impact, Love c’est un véritable tremblement de terre fait de mélancolie et d’envolées mystiques, de dandysme et de drames internes (comme tous les groupes psyché d’ailleurs), d’horizons bleuis par des années de croyance en une "paix perpétuelle", de forêts luxuriantes où pouvaient s’épanouir l’amour et la liberté et même devenir pléonasme. Petite introspection dans les albums et les titres emmenés (d’une main rageuse et sépulcrale) par Arthur Lee, tête pensante de Love et "premier black hippie" (dixit Lee lui-même) à faire décoller le garage et le psychédélisme de leur base rythm’n blues vers des cimes éthérées. Mai 1966. Premier album éponyme. Label Elektra. Le groupe pose en couverture dans le manoir hollywoodien qu’il squatte depuis quelques mois et qui a appartenu il fut un temps au comédien de série B Béla Lugosi, Monsieur Dracula (avant Christopher Lee et les films de la Hammer). Dans cette bâtisse le groupe devient une vraie confrérie et entre deux coup de pelles pour le jardin potager, quelques dégustations de champignons hallucinogènes (cf. le titre "Mushroom Clouds") Arthur Lee et sa bande posent calmement les bases du psychédélisme. Cela commence par une reprise très garage (on a carrément l’impression d’entendre les Music Machine de Californie) du thème de Burt Bacharach "My Little Red Book" : nerveux, arrogant, avec des montées en puissance "contenues". Sur "Can’t Explain" (à ne pas confondre avec le "I Can’t Explain" des Who de l’année d’avant, 1965) on tend plus vers les Byrds et les Who encore (période "I Can See A Miles") tout en revisitant les Beach Boys, ambiance "on fait du surf complètement bourrés". On sent que Ken Forssi (basse) et Bryan MacLean (guitare) ne sont pas là pour rigoler et qu’ils sont prèts à tout pour mettre à mal le beau rêve californien du "sea, sex & sun". Sur le très dylanien "A Message To Pretty", Arthur Lee y déploie une mélancolie (qui n’est pas sans rappeler celle du titre "Dust"des 13th Floor Elevators texans) et qui deviendra sa marque de fabrique. Comme le disait si justement le critique de musique Philippe Manœuvre "voix déguisée du chanteur noir imitant un Blanc imitant un Noir". On sent que Lee a beaucoup écouté James Brown et Little Richard dans sa Memphis natale. C’est même peut-être ça qui fait le charme et "l’impact souterrain" de Love, cette manière de flirter avec la soul et le folk, le psychédélisme anglais (à l’époque il était de bon ton de se la jouer english sur la Côte Ouest) et la ballade country. Les stoniens "My Flash On You" et "Signed D. C" (cette dernière chanson a été écrite en souvenir de l’ancien batteur et ami Don Conka tombé dans l’héroïne) annoncent incroyablement les Stooges d’Iggy Pop. Arthur Lee y crache une colère pleine de vie et de sensualité avec un réalisme assez étonnant à une époque où tout le monde est un peu "dans le vent". Sur "Coloured Balls Falling" on sent la présence des Kinks et des Yardbirds et on comprend tout de suite que les londoniens les aient adoptés et que les hippies leur ont préférés les Dead et la Holding Company de Janis Joplin. De juin à octobre 67, Love enregistre "Da Capo" son deuxième album. Là encore, le groupe pose dans le manoir, manière à lui de rester ancré dans le réel face à une grande consommation de buvards et de substance diverses. Dans cet album le titre "Stephanie Knows Who" déploie des ailes expérimentales qui joue avec le jazz et le déconstructivisme et qui n’est pas sans rappeler Zappa et sa bande de freaks des Mothers Of Invention si ce n’était cette “posture british” de Love et ces accords de l’organiste Alban "Snoopy" Pfisterer. La très belle chanson "Orange Skies" permet à Lee de faire le crooner (version masculine de Dionne Warwick) et d’annoncer à sa manière l’arrivée de l’automne sur Los-Angeles. Pour "7 & 7 Is", Arthur Lee nous pond l’un des premiers titres punk de l’histoire (dixit Lee lui-même), fébrile et électrifiée et avec l’interminable morceau "Revelation" (19 minutes !), Love renoue avec le blues et le rythm’n blues. Comme le dira la journaliste indépendante Lilian Roxon dans son Encyclopédie du Rock "Arthur Lee est cette curiosité paradoxale, un Noir qui chique au Mick Jagger, chanteur Blanc qui a construit sa carrière sur l’imitation des musiques nègres". Même année. 1967. Dernier album. "Forever Changes". Un rêve éveillé plein d’illuminations et de picotements stellaires qui commence avec le sublime titre "Alone Again Or" d’un MacLean brusquement "hispanisé" et se termine par "You Set The Scene" qui fait écho à sa manière au "Wasn’t Born To Follow" des Byrds (cf. le film Easy Rider) et même à certaines chansons des Yardbirds. Avant que le rideau ne se referme complètement, "Bummer in the Summer" vient chatouiller encore Zappa et "The Red Telephone" vient calmer les peines de cœur et apaiser les esprits torturés, quelque part entre Ziggy Stardust et Chapeau Melon & Bottes de Cuir. Arthur Lee nous a quitté durant l'été 2006 mais son esprit est toujours aussi présent. Le rideau peut se fermer. Love est un grand groupe. "Mais le destin veille sur les génies absurdes. Depuis une décennie, une meute de fans concernés associés à une doxa de critiques ont passé le mot, via Internet, faisant remonter l’improbable ovni du néant pour envahir les habituels classements genre Gross Diskotheke. C’est à ces gens que Love doit sa seconde chance. Rhino Records, avant le démantèlement, a eu le temps de ressortir le disque [Forever Changes, ndlr], ultime clin d’œil de Harold Bronson.(…)Il n’empêche, l’époque doit aller drôlement bien pour plébisciter Love…" P.Manœuvre

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cristelle
Il y a 6 mois, 3 semaines Signaler ce commentaire
C'est Super.
kanddii99
Il y a 1 an 6 mois Signaler ce commentaire
sans amour le soleil n existe pas
OK
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