Leo Ferré - Ados.fr

Leo Ferré

Né le : 24 août 1916 Mort le : 14 juillet 1993
Nationalité : France
Métiers : chanteur, auteur-compositeur, écrivain, Pianiste, chef d'orchestre
Label : Barclay | Genre : Scène française

413
La biographie de Leo Ferré
Léo Ferré est le chanteur de l'Anarchie, celui qui l'a le mieux incarnée au plus profond de sa démarche musicale. Interprète des plus grands poètes français, il a montré là aussi une sensibilité, une manière de vivre intensément le texte que personne, à part Georges Brassens, n'a su trouver dans la chanson française. Son œuvre a suivi de très importantes évolutions, de ses débuts au music-hall, dans les années 40 à ses créations orchestrales et ambitieuses des années 70 et 80. Il a marqué les esprits, en recourant au rock à la fin des années 60. Né à Monaco dans une famille bourgeoise d'origine italienne, Ferré passe son enfance dans un milieu aisé. Mais très vite, il se sent en opposition avec les valeurs catholiques que ses parents essaient de lui inculquer. Envoyé à neuf ans en pension chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, en Italie, il en sort traumatisé lorsque, huit ans plus tard, il obtient son bac à Rome. Sans doute faut-il voir là le début de son engagement, de sa lutte avec les dieux et le pouvoir qu'il mènera jusqu'à fin de sa carrière. Il obtient en 1939 un diplôme de Sciences Politiques, son père lui refusant d'entrer au Conservatoire, puis, après une nouvelle expérience traumatisante d'officier, durant la Seconde Guerre Mondiale, enchaîne divers emplois, à la radio et dans diverses administrations. Encouragé par ses rencontres, avec Edith Piaf notamment, il brave enfin l'interdit paternel dans la deuxième moitié des années 40, se produisant au Bœuf Sur Le Toit, à Paris. Commencent alors les années de Bohème et de demi-misère qui le conduisent à se séparer de sa première femme, Odette, en 1950. Il en tire une chanson, « La Vie d'Artiste », qui fait partie de ses classiques. Il se lie avec d'amitié avec d'autres artistes de music-hall : Juliette Gréco, Jean-Roger Caussimon (qui lui écrira de nombreux textes durant toute sa carrière), Catherine Sauvage et fréquente les milieux libertaires et poétiques parisiens. Un temps membre du cercle des Surréalistes, il rompt à la suite d'un désaccord avec André Breton sur la question de l'écriture automatique. C'est au début des années 50 qu'il obtient ses premiers succès sur le label Odéon : « Paris Canaille », hymne à une capitale rebelle, « Monsieur William », (cosignée avec Causimon), récit tragi-comique du meurtre d'un petit employé, « Le Temps du Tango », qui témoigne déjà d'un tempérament nostalgique… Il gagne sa vie, et s'offre une petite île en Bretagne, dont l'isolement mélancolique lui inspirera, des années plus tard, le texte de « La Mémoire et la Mer ». Déjà, il chante les poètes (Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Rutebeuf) et s'essaye à la composition orchestrale. Il crée ainsi en 1957 « La Chanson du Mal Aimé », d'après Apollinaire, un oratorio qu'il continuera de jouer au cours des décennies suivantes. Quand les années 60 débutent, il est au sommet de sa popularité et signe chez Barclay. La chanson légère « Jolie Môme » lui offre un véritable tube, tandis que son album mettant Louis Aragon en musique s'impose comme une grande réussite artistique, grâce à des merveilles comme « L'Affiche Rouge » ou « Est-ce Ainsi Que Les Hommes Vivent ? ». Toujours furieux, il se montre de plus en plus provocateur avec des titres comme « Les Temps Sont Difficiles », « Merde à Vauban » (qui utilise pour la première fois ce mot dans la chanson française) ou « Thank You Satan ». Certaines de ses chansons sont censurées, parfois par sa propre maison de disques (« Monsieur Barclay »), parfois par l'Etat, comme « Mon Général », qui, quarante ans avant « Chirac en Prison » des Wampas, attaquait le Président en personne. Mais malgré la présence prémonitoire, sur ses albums, de « T'es Rock, coco » (1963) ou « Salut Beatnick » (1967), le chanteur se voit un peu submergé par la vague yéyé, ne parvenant plus à se faire entendre de la jeunesse. Il vit reclus avec sa femme, Madeleine et celle-ci, excédée par la tendresse que le chanteur porte à leur chimpanzé, Pépée, le quitte en avril 1968, après avoir tué le singe. Le chanteur vit l'événement comme un drame, ce qui l'empêche de participer à l'insurrection du mois de Mai. Il revient néanmoins l'année suivante, plus remonté que jamais, avec un recueil qui le rend immédiatement populaire auprès de la jeunesse contestataire : « Les Anarchistes » s'impose comme un véritable hymne, « Comme Une Fille » est un pavé jeté à la face de la Police tandis que l'érotique « C'est Extra » rend un vibrant hommage aux Moody Blues, groupe de pop alors à son zénith. Avec le pianiste aveugle Paul Castanier, il enregistre un célèbre tour de chant à Bobino où on l'entend interpréter une version puissante de « Ni Dieu, Ni Maître ». 1970 voit la rencontre avec le groupe de jazz-rock Zoo. Ces musiciens apportent une violence électrique inattendue à deux titres d'« Amour Anarchie » (« Le Chien », long manifeste libertaire parlé, crié ou murmuré, et « La The Nana », puis à un album entier : « La Solitude » (1971), qui le voit recourir encore plus fréquemment au discours parlé. Il continue aussi de publier des chansons de forme plus traditionnelle, en particulier « La Mémoire et la Mer » et le vindicatif « Poètes, Vos Papiers », règlement de comptes cinglant avec les milieux littéraires. Alors que l'accompagnement de ses chansons était jusqu'ici confié à des arrangeurs, il crée aussi les orchestrations des morceaux « La Solitude », « Ton Style » et « Tu Ne Dis Jamais Rien », brisant l'opposition entre le compositeur de « La Chanson du Mal-Aimé » et le chanteur. Poursuivant cette évolution, il abandonne le rock, mais publie avec « Il n'y a plus rien », en 1973, une œuvre totale : aussi proche de la chanson que de la musique classique ou de la poésie. Disque monstrueux, polymorphe, il contient notamment « Richard », hommage aux amitiés nocturnes et translucides, et la longue diatribe éponyme, au cours de laquelle il livre une crise mémorable de folie littéraire, reniant la société entière. Après un dernier album chez Barclay, « L'Espoir » (1974), il choisit de se retirer en Toscane avec sa nouvelle compagne, où il publiera jusqu'à la fin de sa vie des disques orchestraux, sur des labels indépendants. Sa poésie s'y montre de plus en plus exigeante. S'il rompt avec le grand public, il conserve néanmoins un large cercle d'admirateurs, pour qui il donne jusqu'à la fin de ces jours des spectacles en cabaret, enchaînant parfois, malgré son âge, des tournées de cent dates. De toute cette époque, très riche elle aussi, si l'on doit recommander un seul disque, c'est bien « La Violence et l'Ennui ». Sorti en 1980, il contient une superbe interprétation de François Villon (« Frères Humains ») ainsi que de superbes monologues illuminés (« Words… Words… Words…). Il meurt en 1993 à la date ironique du 14 juillet, des suites d'une longue maladie. Son fils, Mathieu, a publié en 2000 « Métamec », recueil d'enregistrements inédits du chanteur. On peut recommander la lecture de « Benoît Misère », sorte d'autofiction publiée en 1970 et de « Testament Phonographique », recueil de ses plus beaux textes paru en 2000.

...


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16


Les personnalités associées à Leo Ferré
Sites consacrés à Leo Ferré
Le Site Officiel Biographie, Discographie, Etude thématique, Forum... // Léo Excellent site amateur, avec photos, anecdotes, paroles de chansons
Pseudo * :
E-mail :
Votre commentaire *
Crypto * :
* champs obligatoires
XlO9NNjuX
Il y a 1 an 10 mois Signaler ce commentaire
Thank you for your attention!AIK will run the Letter Writing Marathon(LWM) on December 2012. We will let plepoe know through News letter and SNS before the campaign begins. Of course, you can find the info on our website!Please join us when the LWM starts!
j'écoute
Il y a 6 ans 10 mois Signaler ce commentaire
bravo Léo
  • Toutes les chansons
  • Tous les clips
Forums Public Ados