Autrefois surnommé « Cheb Khaled » (le jeune Khaled), ce chanteur, qui a constamment oscillé entre le raï et la variété grand public, est sans doute le chanteur algérien le plus populaire du monde. Il a enregistré quelques standards internationaux qui font de lui une figure universelle, même si sa carrière est un peu en perte de vitesse.
Issu d'une famille oranaise modeste, le jeune Khaled Hadj Brahim décide très tôt de faire de la musique, mais doit affronter l'opposition de son père garagiste, qui n'apprécie pas ses choix. Néanmoins, il parvient à enregistrer son premier 45 tours en 1974, à l'âge de 14 ans, et se fait rapidement connaître dans les cabarets d'Oran, tout en multipliant les petits boulots pour gagner sa vie. A la fin des années 70, alors que le mouvement raï prend son essor, il devient progressivement un artiste de premier plan.
Face à une société de plus en plus conservatrice, où la religion comprime les corps et les esprits, sa musique hédoniste est ressentie par la jeunesse progressiste comme un véritable antidote. Doté d'une voie puissante et d'un esprit novateur, qui le conduit à faire appel à des guitares électriques dès 1976, Cheb Khaled encourage les Algériens à s'aimer, à faire la fête et à briser les tabous imposés par la tradition.
Bien vite, son succès devient international, à travers le plantureux marché des cassettes audio, que s'arrachent les émigrés algériens et maghrébins, en France ou ailleurs. Le piratage systématique de son uvre lui fait d'ailleurs perdre des sommes colossales. Bénéficiant de moyens importants, malgré tout, il enrichit de plus en plus ses arrangements, ajoutant des synthétiseurs à son orchestre des 1982.
En 1988, il enregistre son premier album en France : « Kutché ». Son succès est mitigé, les arrangements funky et léchés déplaisent à une partie de son public, qui craint déjà la dénaturation. Néanmoins, une tournée européenne, avec un détour de choix par Tokyo, lui révèle en contrepartie un auditoire qu'il ne soupçonnait pas.
Le triomphe viendra en 1992, avec « Didi », une chanson extraite du CD « Khaled ». N°1 des ventes en Egypte, en Israël ou en Arabie Saoudite, grand succès au Brésil, en France comme en Inde, elle donne tout son sens à l'expression « world music » : encore fortement enracinée dans le raï, elle est suffisamment communicative pour convaincre des gens de culture totalement différentes. Dernier exemple de sa durée de vie : la chanteuse de RNB
Amerie s'en est servie pour un duo avec
Willy Denzey.
Hélas, au début des années 90, l'Algérie s'enfonce alors dans une spirale sanglante : pris entre les tenailles du terrorisme religieux et de la répression militaire organisée, de nombreux intellectuels et artistes s'exilent, leur vie se trouvant en danger. Khaled est trop laïc, trop profane, pour vivre dans son propre pays et s'installe définitivement en France. Lorsqu'à la suite de « N'ssi N'ssi » et de la bande-son du film « Un, deux, trois
soleil » (1994), une Victoire de la Musique vient couronner sa carrière, il dédie son prix à tous les jeunes qui font de la musique et des activités culturelles en Algérie, marquant sa solidarité avec les siens. Avec Idir, il fonde l'association « L'Algérie La Vie » et organise un grand concert en 1995 pour défendre la paix et la liberté d'expression.
L'année suivante, Khaled enregistre une chanson de
Jean-Jacques Goldman : « Aïcha ». Elle n'a plus grand chose à voir avec le raï, mais le succès est au rendez-vous, ainsi que pour l'album « Sarah », du nom de sa fille. L'artiste y rencontre
IAM ou Rita Marley, se montrant à la fois éclectique et populaire. En 1998, il monte un projet baptisé « 1, 2, 3 Soleils » avec
Rachid Taha et
Faudel. Revenu à une musique plus algérienne, marquée par les percussions traditionnelles, le trio fait à nouveau un tabac.
Son album suivant, « Kenza » (1999), du nom de sa deuxième fille, est marqué par un nouveau single de
Goldman (« C'est la nuit ») et par une reprise d'« Imagine » en duo avec la chanteuse israélienne
Noa. Khaled continue d'enchaîner les tournées, même si sa voix marque des signes de fatigue et si sa vie privée connaît quelques remous. Marié depuis 1995, le chanteur est menacé de divers procès par son ancienne compagne, qui lui reproche de ne pas s'occuper lui verser de pension pour leur fils et laisse peser sur lui le soupçon de violences conjugales. L'affaire finit par se conclure à l'amiable, mais laisse des traces dans la presse people. Le chanteur est également affecté par la mort de son père en 2000 : sous pression, il ne pourra pas assister aux funérailles.
Après des années de concerts dans le monde entier, il est revenu avec un nouvel album, « Ya Ravi », en 2004, sur le label AZ. Entièrement en Arabe, le disque retourne souvent aux sources musicales du chanteur, le raï et le châabi. A ce titre, des invités prestigieux, comme Maurice El Medioni ou Blaoui Houari, deux stars algériennes des années 50, figurent au générique. Mais il montre également son goût pour les nouvelles expériences, en écrivant un morceau avec Jacob Desvarieux, de l'orchestre zouk Kassav.
coco.live@love.com ........ chabe khalad is my brather