Vrai nom :John Graham Mellor
Né le :
21 août
1952
Mort le :
22 novembre 2002
Nationalité :
Angleterre
Métiers : chanteur, guitariste, acteur
Genre : Punk
Fils d’un conseiller économique d’ambassade anglais, alors en poste en Turquie, le futur Joe Strummer a passé sa jeunesse à suivre les pérégrinations de ses parents entre l’Allemagne, le Caire et Mexico, après être né à Ankara en 1952. A dix ans, il est envoyé en pension en Angleterre où il reste jusqu’en 1973 avec son frère à écouter et découvrir le folk et le rock des pionniers. Il rejoint ensuite la Central Saint Martins College of Art and Desig londonienne où il apprend la technique du dessin animé. Mais après le suicide de son frère, il rejoint ses amis, erre dans la ville, vit dans un squatt et montre en groupe de rock. L’aventure commence qui ne finira qu’à sa mort en 2002, d’une malformation cardiaque.
101'ers
Son ami Tymon Dogg lui apprend la guitare à la façon d’un droitier, alors qu’il est gaucher. Cela l’handicape jusqu’à le faire devenir un guitariste marteleur (strummer !). Il monte ensuite un groupe de rockabilly, les101’ers, qui se fait un nom en tournant dans la capitale anglaise, mais un jour, la première partie s’appelle les Sex Pistols et il trouve sa musique has been. Il accepte de rejoindre les London SS de Mick Jones ; mais le temps de le dire, le groupe n’existe plus.
Clash City Rockers
Le groupe de départ comprend Terry Chimes, Paul Simonon, Keith Levene, Mick Jones et Joe qui a changé de nom à la suite du suicide de son frère. John Mellor devenu Woody Mellor avec les 101 ‘ers, devient Joe Strummer, chanteur et figure de proue du groupe dont Simonon le bassiste qui apprend son instrument sur le tas avec Levene et Jones vient de trouver le nom en consultant les manchettes des journaux : The Clash ! Strummer le déclassé en vient vite aux sujets qui fâchent : le racisme, la montée du chômage, les inégalités sociales, le lutte des classes, celle pour l’environnement et le soutien aux causes mondiales (la lutte anti-sandiniste et le tiers monde). Le premier single White Riot sort le 18 mars 1977, suivi un mois plus tard par Capital Radio qu’on se procure par couponing dans le NME, suivi le 13 mai par Remote Control et l’album The Clash dans l’année. Un album signé sur CBS dont il existe deux versions US et UK, car le label ne voulant pas le sortir aux USA, celui-ci est devenu, avec plus de 100 000 ventes, l’album en import le plus vendu de tous les temps – sans aucun autre support presse et radio qu’underground !
“ I nearly murdered somebody, and it made me realise that you can't face violence with violence.
It doesn't work.” (Joe Strummer 1977)
Jouant avec les fantasmes violents du rock, Joe et les Clash ont souvent maille à partir avec la police qui les accule au moindre motif, comme pour avoir tiré sur un pigeon du toit d’un studio d’enregistrement avec une carabine à air comprimé, et c’était bien avant la parano terroriste des années 90… Plus qu’ouvertement politique, avec le brouillis mis au point par le manager Bernie Rhodes, c’est franchement rock et rebelle que Joe agit toujours, à la différence qu’il est présent pour le public s’arrangeant à discuter avec le moindre fan et signer tous les autographes, par simple respect. Classe ! Mais ce qui fait la grandeur du groupe, c’est sa recherche incessante de mélange musical avec des musiciens apte à tout jouer qui passent du « 1,2,3,4 » des Ramones au Jimmy Jazz, en se rapprochant aussi des rastas (Complete Control ou Black Market Clash), de la disco et du rap avec The Magnificent Seven et même du funk de Overpowered by Funk.
Joe Strummer « It’s about the ego of the terrorists. It suddenly struck me that they must read their press clippings, like rock stars or actors and actresses do.» (Tommy Gun)
Et l’autre dimension propre à l’homme, c’est son immense charisme qui fait d’un excellent parolier et d’un chanteur limité, un frontman absolu ; celui qu’on remarque partout ; un de ceux qui vivent leur rêves en les mettant en pratique et sont contagieux. C’est ainsi qu’en 1982, en pleine gloire et alors que Rock the Casbah est au sommet des charts, un peu partout Strummer disparaît un mois bloquant une tournée et faisant imploser le groupe soumis à trop de pression. Il est à Paris chez des amis, participant même incognito au marathon ! A Londres, peu après, et pendant que Mick Jones commence à enregistrer avec Big Audio Dynamite, il le vire, après avoir remercié le batteur dont l’aiguille, coincée dans le bras depuis trop longtemps, lui fait souvent manquer le beat. Un autre Clash, au nom prophétique verra le jour (Cut the Crap), avant que Joe n’entame une carrière d’acteur avec Alex Cox, Aki Kaurismäki et Jim Jarmush Mystery Train, puis de compositeur de BO. En 1989, il sort le mésestimé Earthquake Weather avec le Rockablilly Latino Band qui floppe. Il remplace un temps le leader des Pogues Shane McGowan pour une tournée, puis produit leur album suivant, Hell’s Ditch, joue un peu avec les Levellers, puis Black Grape (la seconde incarnation des Happy Mondays), avant de se fixer un temps à New-York pour remixer les Clash en dub avec Lee Perry, sans que le projet n'aboutisse vraiment. Mais pendant tout ce temps à se languir, loin des scènes, il a une émission quotidienne d’une demie heure sur le BBC World Service (équivalent anglais de RFI) intitulée London Calling où il parle de choses inexprimables ailleurs et passe des musiques qu’on entend rarement sur les antennes: l'engagement reste intact.
Los Mescaleros
En trouvant un accord avec son label en 1999, après huit ans de bataille, il peut enfin enregistrer sous son nom et monte les Mescaleros, qui repart de ses premières influences, pour allier un soupçon de Clash à des nouveaux et excellents titres sur Rock Art and the X-Ray Style. Le second album, est signé sur le label punk californien Hellcat Records et s’intitule, en 2001, Global A Go-Go. S’ensuit une tournée en 2002 qui les voit rejoint sur scène à Londres par Mick Jones pour deux titres du Clash et on parle alors de reformation… Mais Strummer décède 3 semaines plus tard, dans sa maison du Somersert. Depuis, les inédits pleuvent, dont un Clash Live au Shea Stadium au son trop poli pour rivaliser avec le précédent From Here To Eternity, son dernier album posthume Streetcore et deux films dont un documentaire judicieux de Julian Temple The Future is Unwritten et un autre, de Dick Rude, sur la dernière tournée des Mescaleros, Let’s rock Again. Juste avant sa mort, il avait écrit "46664", un titre avec son ami Bono pour la lutte contre le SIDA en Afrique pour Mandela.
I Want a Riot, A riot of my own (White Riot).
| Collaborations | Mano Negra, The Pogues, Happy Mondays, Jim Jarmusch |
| Inspirations | The Beach Boys, Little Richard, Philos |
| Amis/Famille | Mick Jones |
| Amourettes | The Slits |
| Membres du groupe | Joe Strummer and The Mescaleros |
| Top Peoples Musique | Top Chansons | Top Clips |