Concerts gigantesques réunissant plusieurs millions de personnes, sons et lumières, pyrotechnie futuriste, synthétiseurs branchés plein pot, instruments surgis d’un roman d’anticipation, Jean-Michel Jarre est un homme discret, absolument pas mégalomane… Fils de Maurice Jarre, un extraordinaire compositeur de musiques de film auquel on doit les B.O de « Lawrence d’Arabie » et de « Docteur Jivago », Jean-Michel Jarre, baigné dans ce milieu musical, apprend le piano à l’âge de 5 ans et reçoit une formation classique au Conservatoire. Une fois diplômé, il rejoint le Groupement de Recherche Musicale et s’initie aux musiques contemporaines et expérimentales, un département qui fait fureur au début des années 70. Bidouillages et enchevêtrements de fils, sons répétitifs ou discordants, il y en avait pour tout le monde dans cette préhistoire de la musique électro-acoustique actuelle. Jean-Michel Jarre commence à composer pour le cinéma (la B.O des « Granges Brûlées »), l’opéra et la variété. Et oui, avant d’en boucher un coin aux pharaons et aux apparatchiks de Pékin, Jean-Michel composait pour des chanteurs français de qualité :
Christophe, Gérard Lenorman et
Patrick Juvet.
Patrick Juvet ? Oui, lui-même, et Jean-Michel lui concocte la musique d’un tube gigantissime, avec pattes d’eph’ et moule-paquet incorporé : « Où sont les femmes ? ». Mais la carrière de Jean-Michel Jarre démarre réellement en 1976 lorsqu’il sort son album concept « Oxygène ». Aujourd’hui, ces sonorités évoquant des bruits de navettes spatiales, des vagues Ambiant et au bout du compte un paradis new-age dont la mélodie principale se joue avec deux doigts (trois ?) peuvent prêter à la critique (pas la nôtre) mais à l’époque, « Oxygène » fut une sorte de mini-révolution qui transforma à tout jamais les discothèques des classes moyennes. Jarre réitère deux ans plus tard avec « Equinoxe », un hommage symphonico-électronique aux merveilleuses créatures marines : manchots, méduses, dauphins, algues, bien avant « Le Grand Bleu ». Juste après, il frappe un grand coup et commence à donner ses premiers concerts monstres qui lui feront, en près de 30 ans de carrière, sillonner la planète entière : Pékin, Shangai, Houston, Lyon, Londres, La Défense, Moscou, Le Caire. Entre deux concerts brassant les millions d’euros, Jean-Michel Jarre continue à sortir des albums plutôt moins que révolutionnaires : « Les Chants magnétiques », « Zoolook », « Révolution », « En attendant Cousteau », « Chronologie », « Métamorphose » et « Aero » en 2004. En résumé, Jean-Michel Jarre, quoique fort discret en général, n’est pas du genre à se faire oublier. La regrettable affaire de sa relation avec la comédienne
Isabelle Adjani, étalée en couverture d’un grand magazine français, rupture et tromperie comprises dévoilées par l’actrice elle-même, fait les gorges chaudes de la presse à scandale lors de l’été 2004 et relance de manière plus ou moins judicieuse sa popularité. Fin de l’épisode, Jean-Michel Jarre épouse Anne Parillaud et filme ses yeux pendant 75 minutes pour l’un de ses DVD musicaux. Le véritable amour, comme la bonne musique, triomphe toujours…