Jacno n'est pas le nouveau surnom de Jacquo, ou de Jacquouille la Fripouille. Son nom de scène ne désigne pas un engagement politique, ni même une ferveur pour Christian Clavier dans « Les Visiteurs ». Non, Jacno doit son surnom à sa (sur)consommation de cigarettes. Quel rapport ? Un peu de patience !
Denis Quilliard, alias Jacno, naît dans les années 50. Quand les élèves font le mur, s'échappent des bahuts, Jacno n'est pas le dernier à foutre le bordel. En plein désordre, il fait la connaissance d'une charmante Uruguayenne, Elli Medeiros. Tous les deux, avec d'autres acolytes chaotiques, forment Stinky Toys.
Jacno, le guitariste, et les Jouets Puants deviennent médiatiques. Ils se partagent alors les couvertures avec les Clash ou les Sex Pistols. Le groupe punk français se défonce, s'alcoolise, s'imbibe, titube, chante les refrains en boucle, gerbe tripes et boyaux ou fout le feu. Incontrôlable, la formation effraie souvent les labels. Mais Stinky Boys arrive tout de même à décrocher un contrat.
Un premier album, un changement de maison de disques, puis c'est la séparation. Mais Jacno et Elli restent ensemble. Jamais loin des autres, Jacno produit Etienne Daho, Lio, Jacques Higelin, entre deux séances de poudre et de narines. Le producteur passe ensuite du duo au solo. Jacno sort « T'es loin, t'es près », « Une idée derrière la tête » et « Faux Témoin ».
Les années 2000 arrivent. Jacno sort « La part des Anges ». Le single, « Pour seule mémoire », remporte un véritable succès. En 2002, Jacno poursuit la route de la reconnaissance et collabore avec Helena Noguerra, Arthur H, etc., pour son « French Paradoxe ».
En 2006, Jacno sort « Tant de temps » et en revient à au « French Paradoxe ». On le sait, le Français boit du rouge, bouffe de la crème fraîche, mais il porte ses artères plutôt bien. Alors pourquoi se mettre au sport ? Dans « Tant de temps », celui qui n'a pas de lien de parenté avec Jacno, le dessinateur du casque ailé des paquets de « Gauloises », et qui doit son surnom à sa (sur)consommation de Gauloises clame : « Le sport, c'est de la merde »; en parole, mais aussi sur pochette, où l'avertissement rappelle celui des paquets de clopes. Le texte, qui décline les mises en garde, est on ne peut plus explicite : « Le sport peut entraîner une mort lente et douloureuse. » « Le sport nuit gravement aux spermatozoïdes. Et oui, le vélo, c'est dangereux. N'est-ce pas Lance ? Avec « Tous ces mots-là », Jacno est plus doux. Le « je ne sais pas » de tous ces mots a envahi les ondes. La voix rauque, en duo avec celle claire de Françoise Cactus, fait un carton.