Fermons les yeux et concentrons-nous sur le début des années 90 en mettant de côté la Yougoslavie et le grunge. Concentrons-nous plutôt sur la rap et le hip hop. L’album de
Dr Dre "The Chronic" arrive tout de suite à l’esprit puis, presque aussitôt le titre des Ultramagnetic MCs "Poppa Large" (dans l’album "Funk Your Head Up") qui faisait "
poppa large, big shot on the east cost !". Ensuite, presque comme une évidence, la pochette des
Beastie Boys "Chek Your Head" où l’on voit nos trois compères assis sur le trottoir, habillés style skateur prêts à mettre de l’hystérie dans la place via leur "Watcha Want". Et puis, une chanson qui résonne dans le lointain et qui se rapproche de plus en plus de nos oreilles :
I Came To Get Down To Get Down So get out your seats and jump around Jump around, Jump Around, Jump Around ! Jump up ! Jump Up and get down ! And Get Down C’était House Of Pain, un groupe de rap irlandais qui faisait dans la pinte de bière et le shamrock avec un côté hooligan vraiment pas cool. Sauf que…et bien, ça a marqué et que c’était du bon rap ! Mené d’une main rageuse par le rappeur
Everlast (un protégé d’
Ice T), le groupe sort son premier disque éponyme en 92 chez Tommy Boy Records avec pour sous-titre "Fine Malt Lyrics". Comme son nom l’indique, cet album ne fit pas dans la dentelle et le "blended whisky" mais était carrément "pure malt" en déclarant, bien avant Eminem que les "ptits blanc-becs" pouvaient aussi faire du rap et jouer dans la cour des grands, mettant du même coup au placard l’idée que "les blancs ne savent pas sauter". En 1992, Everlast et ses potes (Danny Boy et DJ Lethal) sortent un deuxième album "Same As it Ever Was" mais ça le fait déjà moins. Un peu comme s'ils avaient épuisés toutes leurs cartouches et toutes leurs Guinness dans ce célèbre "jump up" ! Certes, ce deuxième disque leur a conféré la couleur "or" mais "Truth Crushed to Earth Shall Rise Again" (le troisième) ne fera que les enterrer un peu plus dans l'oubli en 1996).