Quand on regarde le ciel étoilé de la soul music, on est toujours frappé par la beauté du firmament. Il y a là
Marvin Gaye qui brille près de la constellation des
Temptations,
Otis Redding scintillant les soirs d'été,
Curtis Mayfield traçant des traînées lumineuses et dorées,
Aretha Franklin qui donne des frissons à la lune, et encore Minnie Ripperton qui fait pleurer le vent, et les
Jackson Five, et
James Brown, et
Bobby Womack, et
Diana Ross, et
Gladys Knight. Ah, Gladys Knight
Née à Atlanta le 28 mai 1944, Gladys Maria Knight commence à chanter à l'âge de huit ans quand elle s'entoure de son frère Merald, de sa sur Brenda et de ses cousins Elenor et William. Avec eux, elle monte les Pips (les « pépins ») et enchaîne concert sur concert devant une foule de plus en plus captivée avant d'exploser les charts américains en 1961 avec le titre « Every Beat Of My Heart » produit par Bobby Robinson (dont la boutique de disque fondée en 1946 est toujours ouverte à New-York). On pressent déjà à travers ces « battements de cur » la mélancolie et la passion qui ne cesseront d'émaillées les chansons de Gladys où sourde une revendication féminine discrète et toujours fragile. En 1962, la formation d'origine a complètement changée mais pas Gladys qui enchaîne après un premier album « Letter Full Of Tears » (une lettre pleine de larmes) à la facture très slow et vintage, après un passage par la case famille (elle s'est mariée à Jimmy Newman et a deux enfants) où elle délaisse pour un temps les Pips, elle signe chez Motown en 1966. La grande maison de Berry Gordy qui est déjà penchée sur
Marvin Gaye,
Diana Ross ou encore
Stevie Wonder l'invite donc à enregistrer son album « Everybody Needs Love » où Gladys et ses Pips font une reprise de l'incontournable titre de Barrett Strong et Norman Whitfield « I Heard It Trough The Grapevine » qui deviendra par ailleurs le tremplin parfait pour
Gaye. Dans ce disque, le titre « You Don't Love Me No More » est un vrai petit bijou pour les oreilles. Suivront les disques « Feelin' Bluesy » et « Silk & Soul » en 1968, Nitty Gritty (1969), If I Were Your Woman (1971) et surtout le genial Standing Ovation (1971) où le titre Make Me The Woman That You Go Home To » rivalise de beauté avec « Master Of My Mind » et « Fire And Rain ». Sûrement l'un des plus beaux disques de Gladys. En 1973, l'album « Neither One Of Us » booste considérablement les ventes de Motown avant que Gladys & The Pips décide de quitter le navire pour la « barque » Buddah Records l'année d'après. Le groupe y enregistre l'album « Midnight Train To Georgia » et surtout « Claudine » sous la supervision de Curtis Mayfield (BO du film du même nom). En 1976, Gladys (sans les pépins) fait ses premiers pas en tant qu'actrice dans "Pipe Dreams" tout en sortant parallèlement " Bless This House". Ensuite, le groupe sort pratiquement un album par an jusqu'en 1988, date à laquelle le groupe se sépare via le dernier « All Our Love ».
Cette étoile ne s'est pas éteinte, c'est juste que le jour se lève