Claude Moine, Eddy Mitchell, Monsieur Eddy
Toutes les personnalités d'Eddy Mitchell sont contenues dans ses noms et surnoms.
Eddy Mitchell, c'est d'abord un gamin de Belleville, un titi parisien issu d'une famille populaire qui rêve devant les affiches de cinéma de son quartier. Sur l'écran, un lonesome cow-boy, un cavalier viril qui chevauche parmi les grands espaces de l'ouest américain, John Wayne, Gary Cooper, un flingue à la ceinture et le courage bien accroché.
Il y a loin des rues de l'est parisien à l'ouest américain mais Claude va franchir la distance en un clin d'il, en quelques décennies, pas mal de galettes vinyles et des kilomètres de pellicule.
Alors qu'il aurait pu se contenter de n'être qu'un simple employé de banque, ce qu'il fit à l'âge de 14 ans, il a une révélation, la musique rock'n roll des années 50,
Elvis,
Bill Haley,
Gene Vincent. Une guitare, la scène ouverte du Golfe Drouot et le voilà chanteur. Il a une gueule et une coupe de cheveux à l'américaine, on le surnomme « Schmoll ».
Claude devient Eddy au début des années 60 et forme un groupe, « Les Chaussettes Noires ». Avec « Daniela », Eddy Mitchell et son groupe signent l'un des plus gros tubes français de l'époque, pas une surprise party sans lui
Il entame très rapidement une carrière solo et enregistre des reprises de ses artistes anglo-saxons préférés du moment, les mêmes que cités précédemment, ce qui donne en 63 et 64 les albums « Eddy in London » et « Panorama ».
Le chanteur découvrira ensuite d'autres influences venues de la musique black américaine comme Ottis Redding par exemple. Le rythm'n blues, la soul viendront tout au long de sa carrière enrichir son répertoire à la fois si typiquement français et si marqué par la musique venue des Etats-Unis.
Pendant quelques années, le public aura d'ailleurs un peu de mal à le suivre jusqu'au milieu des années 70 où, en quelque sorte, Eddy Mitchell se trouve. Son personnage s'est imposé, sorte de crooner à la française, géant débonnaire et bon vivant, amateur de whisky et de cinéma, faisant vivre ses histoires et ses personnages à travers ses chansons à tel point qu'ils finissent par faire partie de la mémoire nationale.
Pour preuve, « A crédits et en stéréo », « Pas de boogie woogie », « Sur la route de Memphis », « La fille du Motel » et bien entendu, « La dernière séance » qui deviendra, en 1982, le titre d' une émission présentée par « Monsieur Eddy », dédiée aux vieux films et qui marquera toute une génération de téléspectateurs et de cinéphiles.
A la même époque, Eddy Mitchell continue sa carrière discographique avec une constance impressionnante. « Le cimetière des éléphants », « Nashville ou Belleville », « Comme quand j'étais môme », « Couleur menthe à l'eau », « Il ne rentre pas ce soir » ou « Vielle Canaille » avec son ami
Serge Gainsbourg, autant de succès, autant de chansons indémodables que l'on fredonne encore.
Il ne faut pas oublier non plus le côté acteur d'Eddy Mitchell, un acteur et un bon. Les meilleurs réalisateurs lui ont d'ailleurs fait confiance, Etienne Chatiliez pour « Le bonheur est dans le pré » en 1995, Jean-Pierre Mocky avec « A mort l'arbitre » et même Georges Lautner.
Alors Monsieur Eddy, un petit scotch ? Un nouveau film, genre « Rio Grande » ? Un nouvel album, comme « Frenchy » en 2003 ? On compte sur vous
Quel régal lorsque je vous ecoute,quelle émotion! Vous allez nous manquer!!! Toutes les bonnes choses on malheureusement une fin! Quel dommage!!! Je vous souhaite une bonne retraite,malgré tout,bien mérite. BRAVO Mr.EDDY,et longue VIE !!!...