Et s'il était plus facile de faire de la pop-rock en Français quand on vient du Canada? Des décennies après les premiers disques de Robert Charlebois, Dumas tendrait à le prouver à nouveau. Il est de ces artistes qui se font connaître progressivement, selon la logique du bouche-à-oreille. Mais après deux albums réussis, des scènes de plus en plus grosses et de nombreux prix obtenus au Québec, il semble enfin tout près d'obtenir une reconnaissance méritée.
Sa carrière débute alors qu'il n'a que vingt ans, au Festival International de la Chanson de Granby, en 1999. Son univers sacrément rock'n roll marque le public canadien et il parvient à se faire élire auteur-compositeur-interprète de l'année. Il confirme cette entrée fracassante dans le monde de la musique en 2001, grâce à un premier album éponyme et sacrément rock'n roll. En témoignent des titres comme "Junkie" ou "Miss Ecstasy".
Avec "Le Cours Des Jours", il franchit un nouveau pas en 2003. Structuré autour de thèmes récurrents (le voyage, le désir, l'errance), cet album teste plusieurs mélanges possibles entre le rock, le folk et l'electro. On songe à
Air, à
Emilie Simon, à
Camille, à Jean Louis Murat dans sa période "Mustango", voire à
Indochine... On croise
The Cure ou Calexico (sur le morceau "Arizona"). Mais aucun de ces grands noms ne saurait résumer un style éminemment personnel. Qu'il soit nébuleux ("Vision Pornographique") ou universel ("J'erre"), Dumas trace sa propre route, et pourrait bien faire école. Même s'il a dû attendre 2006 pour que l'album soit disque d'or...
Apprécié de stars comme
M, avec qui il s'est produit sur scène, Dumas navigue dans un univers large, aux multiples perspectives. Nul doute qu'il nous réserve encore bien des surprises et que son prochain disque fera davantage parler de lui en Europe que les précédents.