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Ados.fr : La mode reggae-dub qui règne actuellement en France est-elle une nouveauté?
Komlan : Non pas spécialement. Ça fait un bout de temps qu'il y a un bon terrain pour le reggae en France, au moins depuis Gainsbourg. La scène dub-electro, elle, existe depuis moins de dix ans. Quant à la scène ragga-dancehall, dont on fait davantage partie, elle est bien installée. On peut remercier des groupes comme Sinsemilla!
Ados.fr : De quels artistes actuels vous sentez-vous proches ?
Komlan : Dans la démarche, c'est très varié... Ce qu'on partage avec ces groupes electro-dub, c'est le côté très scénique, assez underground. Sinon, ce sont des groupes comme Babylon Circus qui nous ressemblent.
Fred : Ou Gnawa Diffusion...
Ados.fr : Malgré votre popularité, vous restez un groupe autoproduit : comment vous y prenez-vous et pourquoi ce choix?
Komlan : On fait appel à un tourneur et un distributeur, mais sinon on se bat pour développer nos propres structures de production. On fait tout nous-mêmes. C'est dur à tenir, de nos jours, parce qu'il y a la crise du disque. Mais c'est intéressant parce qu'on est maître de tout ce qu'on fait du début à la fin de la chaîne.
Fred : On a commencé comme tout le monde, en montant une association autour du groupe. Ça nous a permis de gérer nos rapports avec les programmateurs. Puis on a développé nos studios personnels, en y investissant nos rentrées d'argent. Le but est de pouvoir composer en studio quand on veut, quand la tournée nous laisse une semaine de break, sans avoir besoin de débloquer de gros budgets. Bien sûr, ça implique aussi des limites. Un DVD, par exemple, ça a un coût tellement exorbitant que pour nous, ça va prendre pas mal de temps avant qu'on puisse en sortir un.
Komlan : Quand tu es un groupe en devenir, c'est bien d'en rester là, parce que tu découvres par toi-même ce que c'est de faire un disque. Personne ne fait rien à notre place, et finalement, on apprend tous les rouages : de la création à la promotion. Et artistiquement, on n'a pas de barrière non plus, personne ne nous influence. On n'a jamais subi la moindre pression artistique ou économique, les exigences de temps, en particulier. Si on a besoin de rester un mois supplémentaire en studio, on y va. Au sein d'une major, ce ne serait pas possible.
Ados.fr : Si vous deviez résumer rapidement la démarche et le message de Dub Incorporation, sur quoi mettriez-vous l'accent?
Komlan : On insiste énormément sur la mixité. Notre premier album s'appelait « Diversité ». Notre groupe a une apparence très métissée et on essaie de toujours donner ce côté à notre musique. Ce n'est vraiment pas que du reggae... on part beaucoup dans la World Music, le Raï, le funk. Le groupe est mélangé au niveau social, ethnique. On veut montrer une France plus colorée qu'elle n'y paraît. Après on peut parler de sujets très divers. On parle beaucoup de la politique en Afrique... surtout depuis notre rencontre avec Tiken Jah Fakoly au moment de notre premier album.
Ados.fr : Y a-t-il un disque, ou un artiste, qui vous a particulièrement influencé ?
Fred : C'est difficile à dire, parce que chaque musicien a ses goûts personnels... On adore la musique jamaïcaine, mais on écoute aussi du hip-hop, de la techno, ou même du Metallica : on s'est regardé leur DVD dans le bus, pendant la tournée. S'il y avait un disque qui nous a particulièrement marqué, ce serait l'album « Identités » d'Idir, parce qu'il entièrement inscrit dans cette démarche de mélange, de mixité. Il y a Gnawa Diffusion qui intervient, mais aussi Manu Chao, Zebda ou des musiciens bretons comme Dan Ar Braz.
La playlist de Dub Incorporation :
Crédit photo : © Dub Incorporation
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