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Quel est ton parcours ?
J'ai commencé par être Dj et collectionneur de disques. Ensuite chez rencontré les rappeurs d'Idéal J en 1992 et j'ai fait un long bout de chemin avec Kerry James le rappeur du groupe. Parallèlement à cela, j'ai aussi travaillé avec des groupes qui étaient proches, notamment le célèbre 113. Tout ça jusqu'en 99, année ou Kery James décide d'arrêter Idéal J et de commencer une carrière solo. Moi de mon côté, j'avais le label Espionnage et j'ai décidé de continuer tout seul. Depuis 2000 j'ai des activités de compositeur pour d'autres artistes tout en assurant ma carrière solo. A côté de ça je suis aussi Dj et je fais des soirées en province, à l'étranger.
Ton label Espionnage date de 1997, c'est ça ?
Oui. Je l'ai monté en 97 en parallèle d'Idéal J et 113 et par la suite c'est devenu mon activité principale.
Sorties d'albums ?
J'ai sorti « Story Of Espion » puis “Des Friandises Pour Ta Bouche” avec Kourtrajmé et je m'apprête à sortir un album « Lucky Boy » mais qui ne sort pas chez Espionnage mais chez Ed Bangers Records.
Plutôt tendance electro ?
Break Dance je dirais avec l'ambition avouée d'essayer de remonter à la musique commune qu'on retrouve dans les clubs, les Kraftwerk, Crash Crew, Planet Patrol et autres Africa Bambata par exemple. A l'époque, ça faisait « breakdanser » les gens, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
Du « new hip hop » ?
(rires)...non, pas vraiment. Je fais une forme de hip hop. C'est ça qui est bien avec ce mouvement : t'y mets ce que tu veux dedans, tu en sors ce que tu veux. Ton expression après, devient partie prenante du mouvement. Je fais des disques depuis 1992, alors forcément je suis passé par des phases où je me suis senti plus proche d'un truc puis d'un autre. Mon évolution veut que je ne fasse jamais deux fois le même disque. Pour Lucky Boy je l'ai fait en côtoyant les gens d'Ed Bangers qui sont plus branchés dance floor et musique de club et donc je me sens polarisé sur un style, celui précisément de faire danser les gens, ce qui n'était pas forcément le cas à l'époque ou j'étais compositeur pour Ideal J et 113. Maintenant que je fais de la musique instrumentale, c'est moins évident de définir le message que tu veux faire passer contrairement au rap. L'émotion la plus brute, la plus pure, la plus immédiate que tu peux donner à travers de la musique instrumentale c'est de donner au gens l'envie de danser. C'est le principe de la dance music. Disco, techno, la house, tous ces mouvement sont basés sur cette envie-là : donner aux gens l'envie de danser.
Tu as dit « j'ai envie que ma musique ressemble à la réalité de Paris ». C'est à dire ?
Cette phrase-là était surtout valable sur le disque d'avant « Mégalopolis » que j'avais fait avec les Kourtrajmé et qui marchait avec un film sur Paris et dont l'idée était de faire une « carte postale musicale ».
On a l'impression d'une dimension cinématographique dans ton travail. C'est important le ciné pour toi ?
Je ne me définis pas aussi clairement. Mais on me le dit souvent et je le prend comme un compliment. Mais je n'en ai pas toujours conscience. Dans le cadre de l'album « Story of Espion », je le voulais vraiment parce que j'étais encore dans la réflexion de savoir ce que j'attendais de ma musique. Pour « Megalopolis », cette dimension ciné est évidente puisque c'est aussi la musique du film lui-même. Pour mon nouvel album, c'est un peu moins évident parce que je suis moins dans la narration mais plus dans l'envie de faire danser. C'est des phases.
Cela témoigne d'une ouverture d'esprit aussi, non ?
Cela a surtout un rapport au fait que je suis de plus en plus Dj et que je côtoie de plus en plus les gens d'Ed Bangers qui sont plus dans l'entertainment dance.
Tu as travaillé aussi avec Diam's, c'est ça ?
Oui, j'ai travaillé de nombreuses fois avec elle sur des projets différents. C'est une super copine et une artiste que j'adore. C'est quelqu'un avec qui je me sens assez proche. Ca fait un moment qu'on n'a pas travaillé ensemble. Nos parcours divergent aussi, c'est pour ça. J'ai travaillé sur quelques morceaux sur « Brut de Femme » mais qui ne sont pas sortis. J'ai aussi bossé sur son tout premier album, avant « Brut de Femme ». On a fait une tournée ensemble aussi et on a bossé sur la BO de Taxi 3 avec d'autres compositeurs.
Comment vois-tu l'évolution du rap français justement ?
Je le vois avec un petit peu de distance. Celle d'un fan plus que d'un acteur. Il y a des trucs que je trouve intéressant. Ce n'est pas mort. A titre personnel, j'écoute beaucoup moins de rap français qu'à l'époque mais je reste toujours un gros fan du 113, de Kery James de Manu Key et des gars avec qui je travaille.
Tu crois que le rap a perdu en contestation politique ?
Je ne crois pas que le rap ait jamais vraiment compté en tant que « force politique ». C'est extrêmement difficile de continuer d'être pertinent dans ton discours politique et en même temps d'être dans un système aussi industriel que celui du disque et dont le but avoué est de vendre des disques. Je n'ai jamais résolu moi-même ce dilemme. Je pense qu'il y a d'autres moyens d'agir sur la condition sociale et psychologique des gens. Mais bon : la base du rap c'est la contestation et l'envie de faire bouger les choses. Je crois qu'un type comme Joey Starr par exemple, fait plus avancer la cause sociale de son message avec ses activités qu'il a à côté de la musique proprement dite. Je ne sais pas vraiment. Dans le rap français, je constate que l'envie de peser politiquement à laisser place à des activités citoyennes qui sont un peu extra-musicales, que ce soit pour nos aînés, Joey Starr, Akhenaton, Rockin'Squat que pour nous. L'attitude de nos aînés est, à ce sujet, exemplaire.
Un mot pour Ados
Merci de m'avoir invité et continuez le combat. Merci de m'écouter.
Viens breaker avec Mehdi sur le Forum Musique de Fluctuat et le Forum Musiqued'Ados
Par
Mister Green Dadoun
|
dernière mise à jour : 30 juin 2006
Dj Mehdi : l'espion qui venait du rap
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