Ça fait bien longtemps que Dick Rivers n’est plus une idole des jeunes, et sa carrière a connu bien des creux depuis les années 60. Cependant, il a su maintenir sa présence discrète dans le paysage musical français sans jamais renier ses passions musicales : le rock’n roll des origines et la country and western. Hervé Fornéri voit le jour en 1945 à Villefranche-sur-mer, une petite ville non loin de Nice. Sur la Côte, il a très tôt l’occasion de se confronter à la population et à la culture américaines. Mais la révélation se produit lorsqu’en 1957 il écoute pour la première fois « Heartbreak Hotel » d'
Elvis Presley. Dès lors, tout est décidé, le jeune garçon sera rocker ou rien ! A l’âge de 15 ans, il fonde son premier groupe, les Chats Sauvages et après une période de rodage remarquablement brève, signe chez Pathé en 1961. Pendant un an, il enchaîne les succès à leurs côtés : « Twist A Saint-Tropez », « C’est pas sérieux », « Est-ce que tu le sais »... Dynamique, carrée, rentre-dedans, leur musique (tout comme celle des Chaussettes Noires d’
Eddy Mitchell) caractérise parfaitement les débuts de l’ère yé-yé : une musique pillée aux Américains, mais jouée honnêtement, dont la fraîcheur a tout pour séduire les adolescents. Devenu une star, Dick abandonne cependant les Chats à leur sort en 1962 et se lance dans une carrière solo. De « Baby John », sympathique 45 tours country à « Viens Me Faire Oublier », disque d’or en 1967, sa popularité ne tarit pas. Aux premières loges de Salut Les Copains, il côtoie
Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Claude François, mais se distingue par un style bien à lui de rocker droit dans ses bottes. Aussi, même s’il est tenté comme tout le monde par la variété grand public, continue-t-il de jouer un répertoire de puriste : des traductions françaises de
Roy Orbison, des Moody Blues ou des Beatles. La fin des années 60 voit sa popularité décliner. Après mai 68, il essaie comme beaucoup de changer d’image et se paie les services de Gérard Manset sur le concept album « L’Interrogation », enregistré avec 72 musiciens… Le costume lui sied bien mal et menace sa crédibilité. Retournant à ses premières amours, il enregistre alors une série de disques de reprises rock’n roll (notamment « Dick’n Roll », en 1972) et quelques chansons pour crooner écrites par un certain
Alain Bashung. Mais son seul véritable tube des années 70 restera « Maman n’aime pas ma musique », une des chansons les plus ridicules qu’il ait été amené à interpréter… Progressivement, le chanteur va cependant trouver le rythme qui lui convient en alternant les albums de country ou de rock, tels « Mississipi Rivers » (1976), qui lui attirent la sympathie des puristes, et les morceaux relevant de la radiophonie nostalgique. A ce chapitre, on citera un titre désuet mais assez émouvant, « Nice Baie Des Anges », paru dans les années 80. Il a également publié une autobiographie, « Hamburger, Pan-bagnat et Rock’n Roll » (1986) et un roman policier : « Complot A Memphis » (1989). Cabotin mais sympathique, jouant de sa légende avec une dérision tangible, Dick Rivers est une de ces personnages chez qui la réalité dépasse souvent la fiction ; une sorte d’anachronisme vivant (avec sa banane, son blouson noir et ses santiags) dont personne n’a envie de dire du mal. Il bénéficie régulièrement d’un bon accueil critique, sans vendre beaucoup de disques pour autant. Des personnalités aussi diverses que
Francis Cabrel,
Liane Foly, Mick Taylor ou
Philippe Labro ont tâché de l’aider à relancer sa carrière, sur scène ou en studio... Le dernier à s’y être collé est
Mickey 3D, qui lui a écrit quelques chansons pour un album éponyme paru en 2006.
La sortie du nouvel album est prévue pour le 31 octobre 2011!
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