Les chansons de Davy Sicard affrontent tous les paradoxes habituellement posés par la World Music. Chez ce descendant d'une famille réunionnaise, né en Métropole, la démarche musicale se confond avec une quête identitaire. Il a choisi de jouer le Maloya, un style ancestral et inaccessible, dont les origines se perdent au temps de l'esclavage et de la colonisation.
Mais pour un expatrié, qui a découvert la langue créole tardivement, ce choix n'implique pas une reproduction identique de la tradition. Tout en employant des instruments traditionnels (le rouler, le kayanm, mais aussi la guitare accoustique
), il y mêle naturellement ses propres influences : le folk de
Ben Harper, la salsa cubaine, la sodade de Cesaria Evoria, le tango argentin
Et, la Réunion étant historiquement une terre d'échange, la greffe s'avère aussi pertinente que personnelle. Faisant avec la Réunion le même échange qu'
Idir,
Geoffrey Oryema,
Souad Massi ou
Alan Stivell avaient pu mener avec leurs terres d'origine, le chanteur réunionnais parvient au même résultat : un message universel.
Bref, écouter Davy Sicard, c'est plus intéressant que de lire le Da Vinci Code
Je sais, c'était facile, mais ça s'imposait !
Son premier album, « Ker Marron », paraîtra en juin 2006.