Disparu en 1986 à l'âge de 34 ans alors qu'il suivait le Paris-Dakar en hélicoptère, Daniel Balavoine restera longtemps le symbole du chanteur engagé et enragé.
Déçu par la tournure que prennent les événements de mai 1968 (il a alors 16 ans), Daniel Balavoine décide de se lancer dans la chanson. Après avoir participé au groupe Présence aux côté de Erick St-Laurent (dont la voix n'est pas sans évoquer celle de notre
Dionysos national), il sort un premier 45T qui passe complètement inaperçu au début des années 70. Pourtant il persévère et collabore à la comédie musicale « La Révolution Française » au Palais des Sports avec
Patrick Juvet (« où sont les femmes ? »),
Les Charlots et les Martin Circus.
Entre kitsch et paillettes, rock et variété, Daniel fait même la tournée de Patrick Juvet en 1974, égrainant les shows de sa voix haut perchée qui aurait pu facilement casser plus d'une fenêtre.
Remarqué par le directeur artistique de Barclay Léo Missir, il enregistre enfin son premier album un an plus tard : De Vous à Elle en Passant par Moi
c'est le titre. Mais le public n'est toujours pas au rendez-vous en passant par lui via elle et les autres. Il s'essaye à l'album-concept, un peu comme
Gainsbourg et son Melody Nelson ou les Who et leur Tommy. En 1977, il sort donc Les Aventures de Simon et Gunther, un album tout entier dédié au Mur de Berlin. Mais là encore, c'est un flop en passant par Berlin via Paris vers elle.
Il a 25 ans mais commence sérieux à être limite « nervous breakdown ». Certes, en 1977 il participe comme choriste à l'album d'Alain Bashung Roman Photos mais il est prêt à tout plaquer quand il rencontre
Michel Berger. Ce dernier est en train de travailler depuis quelques temps sur la comédie musicale Starmania avec son compère
Luc Plamondon à qui l'on doit toutes les comédies musicales de France et de Navarre
surtout de Navarre.
Michel Berger propose à Balavoine d'interpréter le personnage de Johnny Rockfort (véridique !), espèce de loubard en plastique sensé personnifier le mal-être de la banlieue. Pourtant, c'est là que tout explose pour lui. Tu te rappelles sûrement de sa chanson « Quand on arrive en ville » qu'il lançait d'un poing vengeur et qu'il relançait d'un « préparez-vous
on va tout casser ». Et bien, c'était lui !
Il va donc faire le Rockfort en 1978. Cela va lui permettre de sortir son troisième album sobrement intitulé Chanteur. Sa chanson titre tu la connais aussi : « j'me présente, je m'appelle Henri
j'aimerai bien réussir ma vie
être aiméééééé ». De ce disque, il dira : « c'est l'aboutissement de mes deux premiers albums. Je me situe moi-même comme un musicien chanteur ». Le 4 août 1979, il sort son quatrième album Face Amour, Face Amère et enchaîne les concerts. Au mois de mars 1980, c'est le fameux face-à-face avec Mitterrand. Au journal télévisé, en direct, il critique le désintérêt des hommes politiques pour la jeunesse et leur reproche de ne rien faire contre le cynisme ambiant où l'on ne croit plus en rien.
En 1982, son album Vendeurs de Larmes présente 13 chansons comme autant de regards sur la vie où « il faut vivre ou survivre, sans poème, sans blesser tous ceux que j'aime ». En 1983 commence l'aventure du Paris-Dakar où il se sensibilise aux problèmes du tiers-monde. Par la même occasion, il en profite aussi pour enregistrer un conte musical "Abbacadabra" sur une musique de Abba avec
Plastic Bertrand et Fabienne Thibaut.
Son dernier album "Sauver l'Amour" date de 1985. On y entend la célèbre chanson l'Aziza qui va entrer très rapidement au Top 50 et qui recevra le prix SOS Racisme lors de la Fête des Potes au Bourget. La suite, malheureusement, on la connaît
depuis le départ tragique et injuste de daniel ; la société
le monde me semble fade ; sans grande valeur morale ;
avec berger coluche ils formaient un moteur qui tirait les
gens vers la compassion la générosité ; depuis leurs départs tragique ; plus rien n est comme avant ;
la relève n' a jamais existé c est bien triste ....
c est l injustice qui régne ; les gros écrasent ; les petits
ce monde est dégueulasse révoltant ...
vous me manquez infiniment