« Faut-il canoniser Dan the Automator ? ». Voici la question posée sur un site étudiant dans la rubrique « musique ». La réponse est « oui », si l’on considère la production musicale comme un art. Sans les travaux de mixages, compositions et arrangements du producteur de hip-hop californien depuis les années 1990, la face du hip-hop et celle de la musique contemporaine, en eut été changée. Homme de l’ombre, personnage énigmatique et fascinant, prophète futuriste, le japonais Dan « The Automator » Nakamura, alias Nathaniel Merriweather, alias Murdoc, alias Doctor Octogon, éduqué au violon classique mais vite dévergondé par le hip-hop et l’électro, brouille les pistes. Ses repères? Des collaborations prestigieuses et des projets novateurs, souvent déjantés toujours pertinents, parmi lesquels : « Handsome Boy Modeling School » en duo avec
Prince Paul (
De La Soul) ; « Doctor Octogon » avec
Kool Keith ; ou encore le génialissime groupe virtuel
Gorillaz en compagnie de
Damon Albarn (
Blur). Impossible, encore, de ne pas mentionner l’album
Deltron 3030 en duo avec Prince Paul, BO imaginaire d’un film de science-fiction, space opéra-cosmique, qui réinvente le hip-hop. Dan the Automator signe en parallèle deux albums en solo :
Lovage-Music to Make love to your Old Lady, recueil de chansons d’amour; et
Do you wanna buy a monkey ? qui rassemble ses remix et singles pour des clients célèbres (Tortoise, Air, Masta Ace…), soit quelques 56 minutes et 17 secondes indispensables à l’histoire de la musique. Inventeur d’un son reconnaissable entre mille, venu d’une autre planète, Dan the Automator forge un langage actuel, qui rapproche les styles musicaux et en bannit les frontières.