Qui n'a pas braillé dans son salon ou sur le dancefloor comme une hystérique « Les sirèèènnes du port d'Alexxxxandriie ! » à en crever les tympans du DJ et des voisins ? Qui n'a pas chanté au moins une fois « Cette année là », « Belles, belles belles », « Le Lundi au Soleil » dans les soirées karaoké, fantasmé sur les clodettes, rêvé de paillettes et de téléphone qui pleure ? Cloclo a tellement marqué la variet' française de son vivant que même mort, il est encore présent partout, des boîtes de nuits aux soirées branchées en passant par le ciné (ah Poelvoorde, exceptionnel en sosie pailleté dans "Podium", le film de Yann Moix !).
Enfant, ado, adulte et babyboomer, tout le monde connaît par cur les hymnes survoltés, les chansons tendres, la voix dynamitée, les costumes flashy et la coupe de cheveux toujours impec de celui qui fera encore danser l'hexagone pour une bonne centaine de réveillons à venir.
Cette annéelà où Claude François voit le jour pour la première fois, c'est l'année 1939 à Ismaïla, en Egypte. Son papa contrôle le trafic du canal de Suez et lorsque celui-ci sera nationalisé par Nasser en 1956, la famille de Claude François doit quitter l'Egypte pour la France et part vivre sur la Côte d'Azur.
Claude François a à peine dix-sept ans mais il doit déjà prendre en charge sa famille, son père souffrant de problèmes de santé depuis son arrivée en France, vivant très mal son départ d'Egypte où il menait une existence luxueuse. Et c'est à cette époque que Cloclo se prend d'une grande passion pour la musique qu'il a appris très jeune et qui deviendra un exutoire. Le public ne le connaît pas encore lorsqu'à 18 ans, Claude François monte sur scène en jouant en tant que percussionniste dans des orchestres. Sa jolie gueule un peu androgyne et son aura lui permettent de se faire repérer dans les soirées hype de la Côte où la crème de la jet set lui suggère d'aller faire ses preuves à Paname.
Aussitôt dit aussitôt fait, notre Cloclo plie bagage et part conquérir Paris en 1961. La suite est racontée par Claude himself dans l'un des grands hits « Cette année là ». A l'époque, Johnny et ses compères yéyés et rock'n'roll font déjà fureur (« Cette année-là, le rock'n'roll venait d'ouvrir ses ailes ») et Claude se dit que surfer sur la vague SLC serait une bonne chose. Après quelques mois de galère, il publie un premier titre, « Nabout Twist » mais fait un bide. Il en faut plus pour démoraliser le jeune-homme qui reprend son vrai nom (il avait enregistré son twist sous le nom de « Koko ») pour sortir en 1962 (« C'était l'année, soixante deux ») une nouvelle chanson, « Belles, belles, belles » qui cette fois cartonne (« Et dans mon coin je chantais belle, belle, belle, et le public aimait ça »). « Belles, belles, belles », c'est un remake en français (chose courante à l'époque yéyé) d'un titre des Everly Brothers que Clolo a écrit quelques temps après le décès de son père avec qui il était fâché, Aimé n'étant pas particulièrement ravi que son fils se lance dans une carrière artistique. Une fois encore, la musique lui permet de penser à autre chose qu'aux moments difficiles de sa vie et Cloclo s'y jette à cur perdu. Stakhanoviste de la mise en son, Claude François aura dès lors une réputation de bosseur ultra pointilleux.
Le remake de tubes US marchant plutôt bien, Claude continue dans la même veine avec « Si j'avais un marteau » et « Dis-lui, Marche tout droit » (« Déjà, les Beatles étaient quatre garçons dans le vent, et moi, ma chanson disait marche tout droit »). Mais « le seul, le grand, l'unique » premier et dernier amour de Cloclo, c'est son public, un public de fans (« qui cassaient des fauteuils ») complètement séduits par les chorégraphies, le charisme, le physique du chanteur. Pourtant, à force de trop donner d'énergie pour percer dans le milieu musical, Claude François, marié depuis 1961 avec la danseuse anglaise Janet Woolcoot, se fait larguer par sa belle qui le quitte pour Gilbert Becaud. La chanson « J'y pense et puis j'oublie » fait référence à cette douloureuse rupture.
Côté musique, les affaires par contre vont bon train. En 1964, Claude François est désormais une star incontestée sur les ondes comme sur scène où il est accompagné à partir de 1966 des mythiques Clodettes. Comme tout chanteur venant de réussir, il décide de se faire plaisir et s'achète une propriété à Dannemois, dans l'Essonne qui lui inspirera les paroles de « La Ferme du bonheur». En plus d'être chanteur, auteur, compositeur, il devient aussi producteur en créant le label Flèche. Puis arrive 1967, l'année de l'un des plus gros succès de Claude François, « Comme d'habitude », que beaucoup connaissent en version anglaise sous le nom de « My Way ».
Côté coeur, Cloclo finit aussi par retrouver le bonheur avec France Gall pour une relation éphémère puis dans les bras d'Isabelle Forêt qui lui donne un fils, Claude Junior alias Coco en 1968. En 1969, Claude François est père pour la seconde fois, mais cache au public comme à la presse l'existence de Marc pendant quelques années.
Boulimique de travail, Claude François rachète le magazine pour jeunes « Podium » et fait connaître via son label Flèche, de jeunes prodiges comme Alain Chamfort et Patrick Juvet qui lui écrit « Le Lundi au soleil » en 1972. Plus tard, il créera même sa ligne de parfum.
Mais à trop bosser, Claude François paye parfois les pots cassés à coup de syncope pendant un concert, et d'accident de voiture au début des années 1970 qui lui met son visage en pièce. Ce qui n'empêche pas le chanteur de travailler et tant et plus en continuant à enchaîner les tubes (avec un visage tout refait), et en reprenant en main une agence de mannequin ainsi qu'un journal érotique, « Absolu »
Cloclo est décidément increvable (enfin presque)
Non seulement il fait fureur en tant que chanteur, avec « Ça s'en va et ça revient » (1973), « Le Mal-Aimé », « Le Téléphone Pleure » (1974), ou encore « Magnolia for ever » son tube sorti en pleine disco attitude, mais il est aussi un vrai tombeur, et les filles dans son lit sont aussi nombreuses que ses chansons en tête du hit parade.
Cependant, l'exigence presque malade de Cloclo qui le rend imbuvable et infernal ainsi que son mauvais caractère contribuent à donner au public une image de l'artiste un peu moins paillette que ses costumes. Tout le monde n'est pas accro à Claude et certains sont même à cran : des déboires avec le fisc en passant par une agression pendant un concert, d'une tentative d'assassinat à l'incendie de sa « ferme du bonheur », Cloclo n'est pas spécialement épargné, même s'il s'en sort indemne à chaque fois. Et même lorsqu'on ne lui en veut pas spécialement, la vie elle, lui en veut puisqu'en 1975, Claude perd un tympan lors d'un explosion d'une bombe posée par l'IRA à Londres.
Pour finir, ce ne sera pas l'IRA qui aura sa peau
Il aura suffi d'un accident domestique pour que le légendaire Claude François passe l'arme à gauche le 11 mars 1978, alors que sur les ondes, le chanteur cartonne une fois de plus avec « Alexandrie, Alexandra », dont les paroles ont été écrites par Etienne Roda-Gil, le célèbre parolier de Julien Clerc à qui le chanteur avait fait appel afin de clouer le bec aux critiques souvent acerbes concernant les paillettes et les chansons faciles de Cloclo (il dira lors des sessions d'enregistrements d'« Alexandrie, Alexandra », que c'est bien la première fois qu'il chante un texte dont il ne comprend pas toujours le sens...!).
Eh oui, à trop être maniaque, le chanteur y aura laissé la vie, puisque c'est en voulant remettre correctement une ampoule au dessus de sa baignoire que le chanteur trouvera la mort en ce jour tragique. Depuis, Cloclo est devenu un vrai mythe en strass qui brille toujours au firmament des boules à facettes.
Nous recherchons des chanteurs et des danseurs désirant réinterpréter à leur manière les tubes et les chorégraphies du Légendaire Cloclo et ses Clodettes.
Ces auditions sont ouvertes à tous :
- Pas de limite d’âge
- Homme et Femme
- Chanteur et Danseur
- Amateur et Professionnel
- En Solo ou en Groupe
Pour s’inscrire dans l’une des 2 catégories: Adultes et Enfants, RDV ici :
www.fremantlemedia.fr/claudefrancois