A la sortie de son premier album en 2004, le chroniqueur Richard Robert des Inrockuptibles ne tarissait pas d'éloge pour la jeune brésilienne : « c'est l'histoire d'une fille belle comme un cur, qui occupe le plus clair de sa jeunesse à cheminer d'un pas félin sur les tréteaux des défilés de mode et à prêter son joli minois à des publicitaires et des réalisateurs en émoi. Une fille qui a trop de plomb dans la tête pour se satisfaire d'être un simple objet de fantasmes, et qui échappe finalement au destin pailleté de starlette qu'on lui avait déjà assigné ». Mais c'est toute la presse qui s'est laissée séduire par Cibelle et sa magnifique voix de velours qui mélange bossa nova et folk dans une douceur electro acidulée.
Avec son deuxième album, elle remet le couvert : compositions originales s'entremêlent à des standards de la musique brésilienne (Caetano Veloso, Jobim, Seu Jorge) et américaine (Tom Waits) pour un rendu plus qu'agréable. Il y a quelque chose d'émouvant chez Cibelle, une sorte de croisement musical entre P.J. Harvey et Carla Bruni avec ce grain de folie propre à Björk. Avec le titre « Phoenix » par exemple, on pense à un vieux Pink Floyd retravaillé du côté de chez Neil Young (à moins que ce ne soit chez Pascal Comelade) avec un crescendo très « techno spatiale ». La scène brésilienne est en plein essor et Cibelle, originaire de Sao Paulo apporte sa touche fleurie à ce bel envol. On est touché par la grâce.