Can
Nationalité :
Allemagne
Métiers : producteurs de musique, auteur-compositeurs, chefs d'orchestre
Label : Mute |
Genre : rock progressif
Au sein de la galaxie Krautrock, avec Neu, Amon Duul II, Tangerine Dream, Ash Ra Tempel et Faust, Can est un des groupes majeurs du siècle passé. Là où ses acolytes allemands n’explorent systématiquement qu’une voie expérimentale, les quatre de Cologne décident de jouer de tous les courants pour évoluer. Et ils préfigurent toutes les directions musicales à venir, dès 1973, avec leur emblématique album Future Days.
En 1968, à Cologne, cinq personnes se croisent pour former un groupe : un sculpteur-chanteur américain, réfugié en Europe pour échapper à la guerre du Vietnam, Malcolm Mooney, un batteur de free-jazz, Jaki Liebezeit, un guitariste très inspiré du psychédélisme du moment et élève du bassiste hongrois Holger Czukay, Michael Karoli. Le bassiste ainsi que l’organiste Irmin Schmidt sont des élèves du pape de la musique électronique allemande Karlheinz Stockhausen. Ils synthétisent toutes les directions possible d’un groupe aventureux, l’éducation et la composition musicale en plus. Monster Movie, premier album sorti en 1969 manifeste un intérêt pour le Velvet Underground sur You Doo Right en conjuguant musique de trance, et la spécificité rythmique du groupe avec un duo basse-batterie époustouflant, sur lequel la voix du chanteur psalmodie 20 minutes de rang. 1971 les voit passer à l’expérimental le plus hard avec Tago Mago, double-album uniquement composé de plages, allant de plus de 7 minutes à une face de LP. Un nouveau chanteur entre en scène, le Japonais Damo Suzuki, chanteur de rue qui chante une langue incompréhensible où l’on reconnaît parfois des traces d’anglais, mais si peu ! Holger Czukay s’y taille la part du lion au mixage qu’il va petit à petit échanger en lâchant la basse, alors qu’il joue merveilleusement bien acoustique comme électrique. L’année suivante voit le tube Vitamin C assaillir les ondes allemandes avec Ege Bamyasi aussi expérimental, mais au drive plus dans l’air du temps. 1973 et Future Days, Comme un détour dans l’ambient. Can a découvert le recette que reprendront plus tard les Future Sound of London et autre Orbital pour les grandes raves 90’s : superpositions et effacements, thèmes qui disparaissent au coin d’une rythmique pour ressurgir plus loin au détour d’une mélodie. Un chef d’œuvre !
«Can, le groupe allemand le plus influent du monde... » (T.Jousse /Les Inrocks)
De 1974 à 1977, Soon Over Babaluma, Landed, Unlimited Edition, Flow Motion, Saw Delight, Out of Reach et Can les voient expérimenter sur les territoires reggae, disco, et world. Czukay, lassé de son rôle, joue le pertubateur sonore en concert en mixant le groupe en live et en injectant dans le son des samples et des bruits divers. Le groupe a engagé entre temps, deux ex-membres de Traffic, le percussionniste Rebop Kwaku Baah et le bassiste Rosco Gee, assez furieux de ne pas entendre en retour ce qu’ils s’évertuent à jouer. Czukay viré avec perte et fracas, le groupe s’auto-dissout jusqu’en 1985. Mais ses membres s’occupent à divers projets : radio, Tv, BO et sessions ou groupes sont au menu. Et c’est Wim Wenders en leur demandant un titre qui les fait sortir Rite Time avec Malcolm Mooney enregistré en 86, mais délivré en 1989.
Trop d’ego et de participations externes ne ressoudent pas le groupe qui explose en diverses configurations. Suzuki improvise avec Karoli, Libezeit joue avec Jah Wobble et Bill Laswell, pendant qu’Irmin Schmidt fait de la jungle avec Kumo. On les célèbre à juste titre puisqu’ils sont les inspirateurs de Public Image Limited, the Fall, Radiohead, et même Pavement.
| Similaires | Tangerine Dream, Captain Beefheart, Robert Wyatt, Soft Machine |
| Collaborations | Jah Wobble |
| Inspirations | Santana, Pink Floyd, Jimi Hendrix, The Beatles, Frank Zappa, The Velvet Underground, Sly And the Family Stone, Syd Barrett, Karlheinz Stockhausen, Pierre Henry |
| Top Peoples Musique | Top Chansons | Top Clips |