Blankass - Interview vidéo de Blankass
Blankass

Blankass, l'interview (vidéo) terrestre des fils de l'air

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blankass Ados.fr : Avec Elliott, on a l'impression que vous faîtes un sacré changement de cap : pourquoi ce virage pop, ces mélodies plus ciselées, plus travaillées que les chansons précédentes ?
Guillaume : En fait pour nous ce n'est pas un changement du tout, c'est un album qui reflète beaucoup plus ce qu'on est. C'est la première fois qu'on s'autorise vraiment le fait de se servir de nos réelles influences, qui sont plus pop et anglo-saxonnes, que titi parisien ou chanson française. En fait, Johan et moi, on a grandi tous les deux dans une maison où on écoutait beaucoup de rock anglais, les Who, les Stones, et c'est vrai qu'on a toujours aimé ce côté là du rock. A chaque fois, depuis La Couleur des Blés, on s'interdisait souvent de se servir de ces influences-là et au bout d'un moment,on s'est dit «Mais pourquoi ? Et si on a envie de tartiner des guitares sur un morceau comme Le passage, allons-y !». Et c'est vrai que tout l'album a été fait comme ça : on ne savait pas vraiment où on allait, on prenait tout ce qui venait, et ça donne un album très spontané car on l'a vraiment écrit dans l'instant. Du coup on a l'impression qu'Elliott, c'est un album plus travaillé que les autres mais en fait c'est un album «live» pratiquement.

Ados.fr : Après avoir fait la première partie des Clash quand vous étiez mômes, vous n'aviez pas envie pour une fois de faire un album tendance punk ?
Johan : Cet album, il s'est retrouve effectivement à dominante pop mélodique mais il aurait très bien pu se retrouver avec une couleur punk, ou chanson. Mais là il est le reflet direct de nos influences de ces dix dernières années, donc effectivement on est plus dans la pop ou le rock purement et simplement. L'album punk je pense qu'on peut le faire beaucoup plus tard ou beaucoup plus tôt, il n'y a pas de moment pour faire un album punk. Un album punk, je pense qu'il peut l'être aussi dans le discours, dans son contenu plus que dans sa forme ou son apparence. Ça fait bien longtemps que le discours punk est dépassé et qu'il faut aller gratter un peu plus loin dans les idées, dans les idéaux, dans la politique, dans la philosophie. Nous je pense qu'on peut avoir un côté un peu trash aussi, un peu...Tu regardes les textes, ils ont quand même dans tous les cas un esprit un peu punk, un peu rebelle, on a toujours été comme ça.

Ados.fr : C'est vrai que vous avez appelé votre album Elliott en hommage au chanteur Elliott Smith, qui s'est suicidé il y a plus de deux ans ?
Guillaume : Je pense que c'était un hommage avant même d'apprendre sa mort : en fait, on donne des noms de codes à des chansons, ou plus à des idées qu'on a posées sur une cassette, et le nom de code de la chanson Mon Drapeau, qui a été composée en premier pour l'album, c'était Elliott parce que justement, le style, le riff de guitare nous faisait un peu penser à des trucs d'Elliott Smith. Et puis par la suite, on voulait un titre d'album qui ne soit pas pour une fois un des titres d'une des chanson, donc on a gardé le nom de code de la première chanson, et c'était Elliott... C'est vrai qu'en plus, c'était une façon aussi de rendre hommage à Elliott Smith.

Ados.fr : Les chansons d'Elliott paraissent beaucoup plus intimes, plus personnelles que les titres des précédents albums...
Guillaume : C'est un album plus intime, puisque effectivement on parle plus de nous, on parle plus de... Tu sais comme disait Johan, on a écrit cet album dans l'instant : quand tu écris comme ça dans l'urgence, tu vas à l'essentiel, et bien souvent tu puises directement dans ta vie personnelle et dans ton intimité, tu vas vraiment au plus près, et le plus près c'est qui se passe dans ton cœur et dans ton crâne à ce moment là.

blankass5 Ados.fr : Mais en même temps, dans Mon Drapeau, il y a toujours ce besoin d'ailleurs qui vous caractérise depuis le début...
Guillaume : Mon Drapeau, ça parle de l'errance, c'est quelqu'un qu'a choisi la liberté totale avec un baluchon, et qui se demande si c'est une réussite ou un échec de choisir cette liberté totale. Cette notion d'errance, elle nous accompagne toujours dans le métier qu'on fait, elle est toujours avec nous parce que on est tous ensemble dans un bus et on roule, une grande partie de la tournée, et c'est vrai que ça amène souvent des questions du style «pourquoi on fait ça», «pourquoi on roule sans arrêt», pourquoi...A mon avis ce n'est pas seulement pour aller jouer de ville en ville, c'est aussi parce qu' on a envie que la colonie de vacances continue toujours, il y a un peu de ça, je pense, dans l'envie de faire ce métier là...Quand on voit notre bassiste qui n'est plus tout jeune, il continue quand même à aller en colonie de vacances avec ses copains ! (rires)

Ados.fr : Vous avez écrit une chanson pour Johnny Hallyday, Clémence : est-ce que vos amis rockeurs ne se moquent pas un peu de vous ?!
Johan : Johnny, il est respecté par tout le monde : toute la scène rock en France respecte et admire la carrière de Johnny, qui est quand même unique. Donc c'est un grand honneur pour nous qu'on nous propose d'écrire pour lui.
Guillaume : Nous on aime le Johnny des années 1970 avec pleins de cuivres, au Palais des Sports, L'aventure c'est l'aventure, toute cette période là. Donc pour le morceau Clémence, on a fait quelque chose avec beaucoup de cuivres, très inspiré par cette époque...Et puis Johnny, il est très rock'n'roll, tu sais, très rock'n'roll : nous on a eu la chance de passer un moment avec lui, et je peux te dire qu'il a connu tout le monde ! Je veux dire, tu es devant quelqu'un qui te raconte «Ouais j'ai rencontré Jimi Hendrix parce que j'étais à Londres en train de manger avec Otis Redding...». C'est incroyable, Johnny il a eu une vie bien plus rock'n'roll que les groupes de punk pour adolescents du moment.
Johan : Ils n'arrivent carrément pas à la cheville de Johnny...

Ados.fr : Depuis vos débuts avec Blankass en 1990, quel regard avez-vous sur la scène musicale actuelle en France ?
Guillaume : Ce qu'on appelle scène actuelle bien souvent, c'est pour parler de groupes qui ont déjà au moins dix ou quinze ans .... Mais oui, je trouve qu'on vit dans un pays qui a toujours réussi à garder un petit pourcentage d'artistes qui créent quelque chose sans imiter les Ricains ou les Anglais. Dans les années 1960, les yéyés ne faisaient qu'imiter le rock américain : c'était limite parodique et c'était ridicule. Moi je retrouve exactement ce truc là aujourd'hui dans le R&B français, que je trouve parfaitement inintéressant, qui est vraiment une espèce de parodie du R&B américain avec des paroles dignes d'un lobotomisé... Enfin, c'est terrible, le R&B aujourd'hui, les M Pokora et compagnie, c'est terrible, il faut quand même le dire, c'est l'échec de la civilisation...

Crédit photo : © Up Music / Warner

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|   dernière mise à jour : 14 février 2006

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