Trinidadien exilé à Londres, Les Charles commence par être tailleur à Saville Row, en s'essayant aux rengaines disco des années 70. Le succès tarde, mais il déménage aux USA où il s'installe dans les années 80 pour atteindre le jackpot avec la BO du Diamand du Nil, (When the going get tough, the tought get goin), scie planétaire. Depuis, il continue en mode mineur.
Arrivé à Londres en 1959 avec le reste de sa famille, il abandonne très tôt ses études pour travailler comme coupeur dans le prêt à porter, en chantant le week-end avec le groupe Shades of Midnight. Au début de l’ère disco, il opte pour un travail de nuit dans les usines Ford, le temps d’écrire des chansons qu’il enregistre à partir de 1975 sur le label GTO. Lorsque son deuxième single, un titre à coloration Motown Love Really Hurt Without You se classe second des charts anglais, sa carrière semble démarrer. Si la saison suivante de Red Light Spells Danger, mais la série s’arrête là.
Exile II
Ocean signe avec Epic aux Etats-Unis où Love Really Hurts Without You avait suscité un début d’intérêt en 1976. Si Nights (Feel Like Getting Down), en 1981, n’est pas un succès commercial, l’entrée dans le Top 10 Soul est un signe encourageant. Après l’échec de Inner Feelings, quelques mois plus tard, Ocean est repêché par Jive qui engrange les bénéfices de sa politique éditoriale, dès la sortie en 1984 de Suddenly, produit par Keith Diamond. Avec un titre en haut des charts Black et Pop (Carribbean Queen (No More Love on the Run)) et trois autres best-sellers en bonne places dans les mêmes classements (Loverboy, Suddenly et Mystery Lady), l’album se vend à plus de deux millions d’exemplaires.
Love zone
A la suite de ce succès planétaire, Love Zone, produit cette fois par Barry Eastmond, fait un score équivalent en 1986. S’appuyant dans un premier temps sur la chanson du film Le Diamant du Nil, When the Going Get Tough, the Tough Get Going, Ocean enchaîne avec There’ll be Sad Song (to Make You Cry), double Numéro Un Black et Pop, et Love Zone qui s’installe tout en haut des classements noirs de Billboard et à la dixième place du Hot 100. La réussite est à nouveau là en 1988, lorsque sort Tear Down These Walls, porteur d’un troisième double Numéro Un, Get Outta My Dreams, Get Into My Car, et deux autres hits crossover : Love Is Forever et The Colour of Love, qui permettent au chanteur de s’embarquer pendant un an dans une tournée à travers le monde. L’ampleur de cette réussite rend d’autant plus curieux l'absence d'Ocean à la suite de Time to Move On, en partie produit par R.Kelly en 1993 ; l'album n’ayant pas été en mesure de ressusciter une carrière que rien ne semblait devoir arrêter.
Seconde ligne
Depuis cette période, Billy Ocean, sans connaître un succès mondial, à la hauteur de ses possibilités est une personnalité de la communauté noire américaine qui continue à enregistrer et tourner. Une vie de seconde ligne, peut-être, mais qui sans être tonitruante fait bien vivre un big band soul. What's love got do with it ?
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