Beck Hansen, que tout le monde connaît sous le nom de Beck tout court, est un artiste polymorphe comme l’on peut en écouter si peu parmi les artistes américains de la fin du 20ème siècle. A peine sorti de l’adolescence, il tente de se faire connaître sur la scène rock de New-York mais n’en tire au final que pas mal de déceptions. Il joue dans les bars, bidouille ses démos à la maison mais sa personnalité calme et lunaire n’est pas tellement dans l’air du temps. Il sent qu’il vaut mieux aller tenter sa chance ailleurs et part à Los Angeles. La ville de tous les mirages convient finalement mieux au jeune homme. Il continue à se produire dans de petites salles et remporte un certain succès local grâce à ses prestations scéniques, ce qui éveille l’attention de petits labels qui lui permettent d’enregistrer ses premiers titres commercialisables. Le résultat, « Looser », un titre qui de radios campus en radios nationales éclate comme une énorme bombe. Tout le monde se pose la même question, qui est ce gringalet délirant qui chante cet hymne anti-rap portant l’esthétique du perdant au panthéon de l’histoire du rock ? Beck est le premier surpris de cette avalanche médiatique. « Looser » n’est à ses yeux qu’une plaisanterie de potache enregistrée en une nuit et voilà que les Majors lui offrent un pont d’or pour signer chez eux. Intelligent et intuitif, il accepte de signer chez Geffen Records à la condition qu’il soit libre d’enregistrer sur d’autres petits labels la musique qu’il aime, sans impératifs commerciaux ni décisions extérieures qui lui échapperaient. N’est pas « looser » qui veut… Son premier album, ou l’on peut retrouver « Looser » est « Mellow Gold », un disque qui laisse pantois tant l’on sent que le génie pointe sous cette tornade foutraque de bidouillages low-fi, de déstructuration et de sens mélodique du aux influences folk et blues de Beck. Le succès de « Mellow Gold » et de tous ces albums « proprement » produits n’empêchera pas par conséquent Beck de poursuivre la carrière parallèle à laquelle il tient comme preuve réelle de son intégrité artistique. « One foot in the grave » le prouve. Seul, ou presque, à la guitare, Beck se laisse aller à cette mélancolie intimiste faussement maladroite qu’il exploitera tout au long de sa carrière avec la maturité musicale qu’on lui connaît désormais. En 1996, « Odelay », son quatrième album est nominé aux Grammy Awards. Beck a 26 ans et il s’essaye à tous les styles, à toutes les humeurs, aussi bien dans les influences dont il s’inspire (
Prince pointe son nez sur « Midnite Vultures » par exemple et il y a comme un soupçon de
Neil Young sur le délicat et presque triste « Sea Change » sorti en 2002) que dans les esthétiques auxquelles il s’essaye, tour à tour pop, futuriste, disco…etc. Après tout, il est le petit-fils de Al Hansen, un artiste contemporain célèbre mort en 1995… Outre ses nombreuses collaborations, avec
David Bowie, Air (pour qui il chante sur le fabuleux titre « The Vagabond »), ou le cinéma, Beck continue à sortir des albums toujours plus imprévisibles, dont, en 2005, les albums jumeaux « Guero » et « Guerolito », sa version remixée par
Air ou les Dust Brothers, ses collaborateurs depuis de nombreuses années.
HI
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