Au cours de sa carrière, il prend plusieurs visages, plus ou moins ressemblants. En 2003, il prend « Les beaux yeux de Laure » et un air plus proche de sa personnalité. Dans le clip, il apparaît ironique, éloigné de l’étiquette « gentil chanteur de variet », et dénonce le sort que l’industrie musicale réserve à ceux qui ne sont pas jugés assez « bankable ». Un clip en noir et blanc, le texte de la chanson sur des cartons, entrecoupé par des messages perso, et une posture d’artiste has-been qui fait la manche : viré de sa maison (de disques), mais propre et gentil, l’ancien chanteur à succès cherche mariages, communions et supermarchés pour se réfugier. Banco, avec sa prise de position humoristique mais engagée, Alain Chamfort change d’image et se fait entendre. Alain Le Govic, alias Alain Chamfort, voit le jour à Paris, le 2 mars 1949. Il vit avec sa sœur aînée, les parents et le piano dans la banlieue parisienne. A trois ans, le petit Alain est inscrit en même temps que sa sœur à des cours de piano et de danse. Très tôt, il donne son premier concert. Son père le change de touches en lui offrant un orgue. Adolescent au lieu d’intégrer le conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, il rentre dans divers groupes, de rock, de jazz ou de rythm’n’blues. Il se retrouve aussi à la fac, mais il préfère suivre les chanteurs à la mode. En 1966, il rencontre
Jacques Dutronc. Pendant deux ans, Alain va accompagner le chouchou de ses dames en tournée et goûter les différents plaisirs de la scène : fans, femmes et alcool à gogo ! En 1968, Alain part prend son indépendance et part vers la Statue de la Liberté. A son retour de ses vacances américaines, Alain, toujours Le Govic, se lance en solo avec la signature d’Etienne Roda-Gil. Le succès n’arrive qu’avec la rencontre de Claude François. Le chanteur d’Alexandrie et d’Alexandra n’est pas qu’une idole ou un perfectionniste, il est aussi un homme d’affaires qui a du nez : en 1971, il signe Alain, devenu Chamfort, chez Flèche, son label. Alain Chamfort se met à composer pour Claude François, et pour d’autres, et à faire les premières parties de la star, pas encore électrocutée – mais très électrique -, des yéyés. En cheveux mi-longs et costumes cintrés, très colorés, Alain Chamfort fait figure de séducteur, de chanteur à minettes. Alain Chamfort est connu, mais, éloigné du conservatoire et des ses premières amours pour le rock et le jazz, il n’a pas encore trouvé sa voie. En 1976, Alain Chamfort quitte Claude François. Artistiquement indépendant, il sort « Mariage à l’essai ». Artistiquement indépendant, il ne rencontre pas le succès. En 1977, Alain Chamfort part à Los Angeles pour enregistrer un album plus personnel. Pour cet opus au titre influencé par le rock and roll, Alain Chamfort travaille avec
Serge Gainsbourg et les futurs
Toto, les frères Porcaro. Après « Rock’n’Rose », Alain Chamfort sort « Poses ». Cet album, qui contient le tube « Manuréva », cité dans le clip sur Laure et ses beaux yeux d’or, est celui de la consécration : il est dans les premières places des ventes et des hit-parades. En 1981, Alain Chamfort sort « Amour année zéro ». Le chanteur a trouvé son style, mais les ventes, malgré la qualité du disque, ne sont pas aussi importantes que pour l’album précédent. En 1983, Alain Chamfort sort « Secrets glacés ». En 86, le compagnon de
Lio ne peut que clamer : « Les brunes comptent pas pour des prunes ». Cette année-là, en plus de produire ce tube, Alain Chamfort livre « Tendres fièvres ». En 1988, il sort « Double vie », un live, qui témoigne de son goût retrouvé pour la scène, l’éloignement des mauvais souvenirs en première partie de Claude François. En 1990, « Troubles » paraît et déconcerte. En 1993, Alain Chamfort accompagne son répertoire d’un piano à l’Opéra Comique. La même année, il sort « Neuf », son neuvième album au son nouveau, plus paisible. En 97, « Personne n’est parfait » paraît. En 2000, Alain Chamfort rend hommage à
Serge Gainsbourg. Il est aussi « viré » de Sony, pour cause de ventes insuffisantes. Alain Chamfort continue pourtant ses activités artistiques. En 2003, il parvient à sortir « Le Plaisir » chez Delabel. Léger et drôle, l’opus porte bien son nom. Dans les mélodies romantiques, on prend aussi plaisir à se laisser bercer. En 2005, celui qui semblait fini, has-been pour Sony, récolte une Victoire de la Musique pour le clip des « Beaux yeux de Laure ». Il revient aussi dans les bacs, en CD et en DVD, avec son "impromptu dans les jardins du Luxembourg", son concert gratuit.
Alain Chamfort en toute sobriété: http://www.wat.tv/video/alain-chamfort-tout-en-sobriete-3tswt_3lz39_.html